‹ Vichy et ses environs, ou description des eaux thermales, et des sites pittoresques quio les entourent; avec quelques considérations sur l'action médicale des eauxChapitre 17 sur 30 · CHAPITRE VE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VE

DES SOURCES MINÉRALES EN GÉNÉRAL y ET DE CELLES DE VICHY EN PARTICULIER.

Leur origine, leur volume, leur température, leur composition , leur durée et leurs produits.

Le Bien peu de personnes qui, obligées par leur santé de rester long-temps à Vichy, ne se soient demandées d’où pouvaient venir ces eaux si remarquables par la constance de leur volume, par leur température élevée et par leur composition compliquée. C’est un sentiment de curiosité bien naturel que de chercher à connaître des phénomènes aussi intéressants que ceux des sources thermales, et pour lesatisfaire , autant que possible , nous allons examiner cette question sous ces divers points de vue.

Les sources ordinaires qui sortent du: sol dans des lieux très-diversement situés, doivent évidemment leur origine aux eaux pluviales qui pénètrent dans l’intérieur des terres, et qui s’en échappent ensuite par les fissures quis y trouvent naturellement. Leur volume, leur situation , leur composition même n’ont

(2%) rien d’extraordinaire, rien qui ne puisse être expliqué par les différences de niveau, l'abondance ou la rareté des pluies, et la constitution chimique du sol qu’elles traversent.

Il s’en faut de beaucoup qu’il en soit de même pour les eaux minérales, et surtout pour celles qui sont thermales. IL faut absolument chercher une autre origine, au moyen de laquelle on puisse expliquer à la fois, et le volume constant de ces eaux, et leur chaleur, et la présence des nombreux composés qu’elles renferment. Les pluies, la sécheresse, le froid le plus intense ou les grandes chaleurs, n’ont aucune influence sur ces eaux , tandis qu’au contraire les tremblements de terre suspendent quelquelois leurs cours, changent leur volume ou leur chaleur. Ces faits doivent faire présumer que les eaux thermales viennent des profondeurs du globe, puisqu'elles sont si indépendantes des variations qu'éprouve sa surface,

Jusqu'ici les géologues sont d'accord ; tous conviennent que les eaux thermales surgissent de lieux très-profonds ; mais on ne trouve plus la même unanimité pour la cause de leur chaleur. Pendant long-temps on a cru que les eaux de pluie, en pénétrant dans de profondes fissures, rencontraient des terrains

échaufles par la combustion des houilles ei des pyrites , et quelles en prenaient la température. On a cru aussi expliquer très-naturellement la cause de cette chaleur , en disant que ces eaux avaient passé dans le sein de la terre près des foyers volcaniques, et cette opinion paraissait d'autant plus vraisemblable, que les contrées volcanisées sont beaucoup plus riches en eaux thermales que toutes les autres. Seulement on reculait la difficulté , car il fallait trouver aussi la cause des phénomènes volcaniques. Voici l'opinion la plus généralement admise aujourd’hui sur l’origine des eaux minérales.

Les astronomes ont prouvé, de la manière la plus évidente , que la terre avait dû primitivement être liquide pour prendre la forme qu’elle a réellement. Or, pour que notre globe se soit trouvé dans cet état, il a fallu que les matières qui le composent aient été à l’état de dissolution. L'eau ou le feu sont les deux corps qui ont pu produire cet effet. La quantité d’eau qui couvre une partie de la surface du globe est si peu de chose, relativement à la masse de la terre, qu’il y a impossibilité de concevoir qu’elle ait pu la dissoudre. En supposant que la terre et les rochers puissent fondre dans l’eau comme un morceau de

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