‹ Vichy sous Napoléon IIIChapitre 1 sur 23 · ET NOUVEAU PARC · texte numérisé non relu

ET NOUVEAU PARC

e chemin de fer de Paris à Lyon par le Bourbonnais est aujourd’hui la grand’route de Paris à Vichy. Il a été inauguré par l’Empereur Napoléon III, en 1861, dans sa partie comprise entre Nevers et Moret, et parcouru une seconde fois, en 1862, par Leurs Majestés Impériales, pendant leur voyage dans les provinces du centre de la France.

Nous ne saurions trouver un meilleur cadre, pour un itinéraire de Paris à Vichy, que le récit de ce voyage, dont chaque étape fut marquée par une ovation populaire.

A côté des souvenirs récents que chaque ville à conservés de la visite de l’Empereur Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie, nous essayerons de grouper les souvenirs historiques qui se rattachent aux villes, aux châteaux, aux usines qui se trouvent sur le parcours de cet itinéraire.

C’est de Fontainebleau que Leurs Majestés partirent le lundi 7 juillet 1862. M. Talabot, directeur des chemins de fer de Lyon-Méditerranée, et plusieurs administrateurs, délégués par le Conseil, ont reçu Leurs Majestés à la gare. Les généraux Fleury et de Béville, aides de camp de l’Empereur; le commandant Stoffel, le capitaine comte de Clermont-Tonnerre, le capitaine baron de Musnier de Mauroy, officiers d’ordonnance; M. le vicomte de Laferrière, chambellan, et M. le baron de Bourgoing, écuyer, ont pris place dans le train impérial. Deux

dames du palais accompagnaient Sa Majesté l’Impératrice. Une foule considérable stationnait à la gare de Fontainebleau, et a salué de ses acclamations le départ de Leurs Majestés.

Le château de h ontainebleau se rattache par plus d’un souvenir à la dynastie napoléonienne. L’Empereur Napoléon I er le fit restaurer pour y loger le pape Pie VII, lorsqu’il vint en France pour la cérémonie du sacre. Plus tard le palais de. Fontainebleau servit encore de demeure au souverain pontife qui y signa, le 25 janvier 1813, le concordat de Fontainebleau, par lequel il renonçait au pouvoir temporel. ‘

Cette abdication de Pie VII n’était que le prélude d’une autre abdication aussi grande que celle de Charles-Quint. Après avoir déployé un geme surhumain et un courage héroïque dans la campagne de France, Napoléon I er écrivit, au palais de Fontainebleau, cette déclaration mémorable,qui sacriflait tout à France, même sa dynastie : «Les puissances alliées ayant proclamé que l’Empereur Napoléon était le seul obstacle au rétablissement de la paix en Europe, l’Empereur, fidèle à son serment, déclare qu’il renonce, pour lui et ses successeurs,

au trône de France et d’Italie, et qu’il n’est aucun sacrifice personnel, même celui de sa vie, qu’il ne soit prêt à faire aux intérêts de la I rance.»

Cette héroïque abnégation eut sa récompense. Les adieux de Fontainebleau (30 mars 1814) montrèrent, dans une scène touchante, l'union m ime qui existait entre l'Empereur et le pays; et, un an plus tard, le 20 mars 1815, Napoléon, dans cette même cour du Cheml-Blanc, passait en revue ces vieux grenadiers qui l’avaient accompagné à l’île d’Elbe, et qui le ramenaient aux Tuileries.

Cette résidence de Fontainebleau, où les plus grands souverains de la France ont laissé des souvenirs, dont la fondation remonte à Hugues Capet que Philippe-Auguste, saint Louis, Charles V, François I", Henri IV et Louis XIV ont tour à tour habitée, a vu Napoléon III lui rendre i ’ UStie f S ^ US ^ elles Périodes de son histoire. Fontainebleau est désormais le séjour d’été de la cour impériale, comme Compiègne en es a résidence d automne, et, dans ces deux châteaux impériaux, la présence de Leurs Majestés se signale chaque année par des fêtes brillantes et par de nombreux bienfaits.

La foret de Fontainebleau, que le chemin de fer traverse, a ses annales aussi bien que le château. Elle s’appelait, au moyen âge, la forêt e eie, du nom d un chef normand qui y exerça maintes déprédations. Le sire de Joinville raconte que, le 22 janvier 1264, saint Louis,

6 a ,^ S ^ oral; ’ P er( lit sa suite et tomba au milieu d’une bande de voleurs : il se mit alors à sonner du cor; ses gens rWnnt h • & lvreren t- Fes chroniqueurs du temps racontent la légende du Grand Veneur ou du Chasseur noir qui se présenta un jour

. , en ; vu 11 ' 6n Cliant 01 Une V01X 01111 dominait le son du cor et les aboiements des chiens : M’entendez-vous? suivant les uns, ou Amender

n es au res, ce qui aurait pu être une allusion aux exploits romanesques du roi vert galant. h la curvo'ii ^ ^ Fontainebleau jouit dune pleine sécurité. On n’y arrête plus les gens; on n’y vole plus; on n’y aime plus, grâce

ance exercee par les gardes-chasse. Les traits de Cupidon sont remplacés par les flèches rouges du moderne Sylvain de la forêt,

M. Denecourt, qui, par ses indications précises, a procuré aux touristes le peloton de fd qu’Ariane donna jadis ;YThésée pour le guider dans le Labyrinthe de Minos.

Saluons en passant les treilles de Thomery, qui produisent le succulent chasselas de Fontainebleau, et le hameau de Marlotte, rival du village de Barbison, séjour aimé des artistes, colons de la forêt. La table d’hôte de l’auberge Canne, à Barbison, comptait parmi ses pensionnaires des peintres et des écrivains de l’école de Lantara et de Yadé, gais compagnons dont la palette et la plume ont produit de charmants paysages et de spirituels volumes.

C’est à la station de Moret que le chemin de fer du Bourbonnais se sépare de la ligne de Paris à Lyon, pour s’engager dans la vallée du Loing, délicieuse Tempé inconnue des Parisiens. Le Gàtinais, qui la touche, est l’Arcadie de la France, et le pasteur Aristée retrouverait dans les ruches d’alentour ses essaims d’abeilles. Nemours est une jolie petite ville qui se cache derrière un rideau de peupliers. On regrette que la marche rapide du train ne permette pas de contempler à loisir les prés fleuris, les ombrages touffus et les riches vignobles qui couvrent les coteaux. Les bords du canal du Loing offrent de délicieux points de vue. Nous quittons la région du grès pour entrer dans celle des pierres de taille. Les carrières de Château-Landon ont fourni les matériaux de l’arc de triomphe de l’Étoile, et contribué, pour une bonne part, aux embellissements de Paris sous le règne de Napoléon III.

Ferrières a dans ses annales des souvenirs historiques qui remontent à une haute antiquité. On voit encore, dans les fossés de la ville, un cirque naturel qui est, dit-on, l’amphithéâtre gallo-romain où Pépin le Bref combattit contre un lion pour prouver à ses leudes que la vaillance d’un souverain ne dépend pas de sa taille. L’ancienne abbaye de Ferrières est classée parmi les monuments historiques. Les tanneries de cette petite ville concourent à l’approvisionnement de la halle aux cuirs de Paris.

Les canaux d’Orléans et de Briare, traversés plusieurs fois par le chemin de fer, se réunissent à Châlette, entre Ferrières et Montargis. Le petit village de Châlette a vu naître Lantara, un des plus habiles paysagistes du dix-huitième siècle.

Montargis, bien qu’elle appartienne au département du Loiret, tourne le dos à Orléans, son chef-lieu. Ancienne capitale du Gàtinais, elle relevait autrefois de la métropole de Sens, et depuis que le chemin de fer la traverse, elle s’oriente sur Paris. Le chemin de fer passe à quelque distance de la ville, et les touristes qui ne sont pas pressés d’arriver au terme de leur voyage feront bien de s’y arrêter, ne fût-ce que l’intervalle de deux trains, pour visiter le Musée, la promenade du Pâtis où se tient la foire de la Madeleine, les bords du canal, et la belle usine de MM. Hutchinson et Henderson, qui emploie un grand nombre d’ouvriers à la fabrication du caoutchouc.

Le chemin de fer, franchissant les deux bras du Loing et le canal, dessert les stations secondaires de Solterres et de Nogent-sur-Vernisson, puis s’élève par une rampe insensible jusqu’au point de séparation des eaux de la Seine d’avec celles de la Loire. Il arrive à une station située sur un plateau élevé d’où l’on aperçoit la ville de Gien, coquettement posée au coude que fait la Loire, et qui dispute à Orléans le titre d’ancienne

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Gembum. Le château de Gien a eu des hôtes illustres. Charles VII et Agnès Serel ont habité ces tours élégantes qui se mirent dans l’eau du euve. Louis XIV et Anne d Autriche faillirent y être faits prisonniers, ainsi que le cardinal Mazarin, pendant les guerres de la Fronde. Non o.n de la est le champ de bataille de Bléneau, où l’armée royale fut battue par le prince de Condé. Le savant bibliothécaire d’Orléans, M. J. Loiseleur, a publie d intéressantes notices sur les châteaux historiques de la Loire et sur la journée de Bléneau.

du R?rrv 'TT “a ^ P "* P '“ S animéS ** l0rds de ioire ’ Elle “ sit “ ée aiI P°i nt * jonction du fleuve et des canaux a u , em,er ’ commeneé s »“ lé de Henri IV, en 1604, fut terminé jusqu’à Montargis en 1642. Il fut prolongé

qui suivdÎa " ortTjuls ' Par dU régen ‘ Phi “ PPe d ’ 0rléanS ’ ** J *' ,raïaillw plusieurs r ® ments ™ccupés pendant la paix

Au retour des Grands Jours d’Auvergne, Fléchier s’extasiait devant ce canal, aujourd’hui supplanté en partie par le chemin de fer. « Il méritait piurtant, dit—il, d être bien considéré comme un ouvrage de grand travail et de grande commodité pour le commerce. Il conduit environ dix lieues des eaux «nassees qui, par la nviere de Loing, joignent la Loire avec la Seine et donnent aux bateaux la communication de l’une et de autre rrnere. était difficile de surmonter deux difficultés qui se rencontraient dans l’exécution de ce dessein : il falloit recueillir toutes les sources voisines et ménager s, bien tous les moindres filets d’eau qu’il y eût de quoi fournir un large canal et faire un cours de six à sept lieues. Il falloit encore faire monter les bateaux chargés de la Loire, dont le lit est fort bas, à la rivière de Loing, qui est fort élevée. Il fut aisé de vaincre la première en ramassant des montagnes d’alentour des eaux inutiles qui se perdoient dans la campagne. Pour la deuxième, il a été nécessaire

“ “ qU .° n ° U ™ 6 ‘ q “’° n temle ’ C ‘ 0(1 r ° n baisse 0,1 ‘'O" S™ 881 * Ies “ux, faire que les bateaux en montent ou descendent.

Elles sont au nombre de quarante-trois, comme autant de degrés, pour les élever insensiblement et les faire passer jusque dans la Seine C’est une chose admirable de voir comme le travaU et l’art forcent la nature, et comme l’adresse des hommes se joue des éléments, faisant des rivières ou il n y en a point pour en joindre deux fort éloignées. »

Nos ingénieurs des ponts et chaussées trouveraient aujourd'hui bien puérile la naïve admiration de Fléchier et dès magistrats des Grands pZ lœ diverttaT ““ * *“*' P °" r ™ ir descendre et ™ IltCT ^aux, et pour considérer toutes les machines qu’on faisoit jouer

Châtillon-sur-Loire, que plusieurs Guides ont confondu avec Châtillon-sur-Loing, n’a pas, comme ce dernier, l'honneur d’avoir vu naître deux ta FroZ P1 ' ’ de C ° llgDy *” 16 g ™ d C ° Mé ' “ a cependant ioué un rtle ,ors des 8™ rres d « reli «i™ et pendant les troubles de

Le VaMe-Loire dont le chemin de fer suit la rive droite, offre à chaque tournant du fleuve de charmants paysages et des sites pittoresques, etend a I horizon sur les plaines du Sancerre et du Berry. Cette belle vallée qu’admirent les touristes a été plus d’une fois éprouvée

par un terrible fléau, l’inondation. Nous n’évoquerions pas ce triste souvenir s’il ne nous donnait l’occasion de rappeler un acte de courage et de générosité de l’Empereur Napoléon III.

Au mois de mai 1856, la Loire, comme le Rhône, était sortie de son lit, et, changée en un torrent furieux, désolait cette fertile vallée. C’est alors qu’on vit le chef de l’État, aussi prompt que le fléau lui-même, accourir au milieu des populations, les encourager par sa présence et les consoler par ses bienfaits. L’Empereur allait fêter le baptême du Prince Impérial. Les fêtes furent contremandées, et l’argent qu’elles auraient coûté fut distribué aux victimes de l’inondation.

A la station de Cosne, l’Empereur et l’Impératrice sont descendus dans l’enceinte de la gare, où ils ont reçu les hommages des autorités et des fonctionnaires du département de la Nièvre; puis Leurs Majestés ont été saluées par les acclamations des habitants de la ville, du peuple des campagnes et des ouvriers de l’usine métallurgique, qui est une succursale des forges de la marine impériale.

L’industrie du fer existe de temps immémorial dans le Nivernais. Pendant la guerre de la Fronde, on forgeait des grenades et des projectiles de guerre dans les fourneaux à bois des bords de la Loire. M me de Sévigné, au retour d’une saison passée à Vichy, décrit ainsi la visite qu’elle fit aux forges de Cosne : « Hier au soir, à Cône, nous allâmes dans un véritable enfer : ce sont des forges de Vulcain. Nous y trouvâmes huit ou dix cyclopes forgeant, non pas les armes d’Énée, mais des ancres pour les vaisseaux. Jamais vous n’avez vu redoubler de coups si justes, ni d’une si admirable cadence. Nous étions au milieu de quatre fourneaux ; de temps en temps, ces démons venaient autour de nous, tous fondus de sueur, avec des visages pâles, des yeux farouches, des moustaches brutes, des cheveux longs et noirs : cette vue pouvoit effrayer des gens moins polis que nous. Pour moi, je ne comprenois pas qu’il fût possible de résister aux volontés de ces messieurs-là dans leur enfer. Enfin, nous en sortîmes avec une pluie de pièces de quatre sous, dont nous eûmes soin de les rafraîchir pour faciliter notre sortie. »

Fourchambault garde le souvenir d’une visite plus récente et plus illustre que lui firent l’Empereur Napoléon III et l’Impératrice Eugénie, le 7 juillet 1862. Cet établissement métallurgique est un des plus importants; il n’a pas moins de vingt succursales dans les départements de la Nièvre, du Cher et de l’Ailier. Les directeurs ont reçu Leurs Majestés à leur descente du wagon et les ont conduites aux forges. Pendant le trajet, l’Empereur a examiné avec intérêt les produits des forges et de la fonderie : un modèle d’affût en fonte, destiné à l’armement des côtes de la Manche; des conduites d’eau, d’un mètre environ de diamètre, destinées à l’aqueduc qui doit amener à Paris les eaux de la Dhuys et de la Somme- Soude, et un kiosque formé de tuyaux d’une moindre dimension, mais plus longs, et surmontés d’une charbonnière, symbole de l’industrie du charbon de bois qui alimente les usines du Cher et de la Nièvre. Deux voitures attelées de bœufs blancs de race nivernaise, près desquelles se tenaient des paysans du Morvan, complétaient ce tableau.

L’Empereur et l’Impératrice ont ensuite visité l’atelier des forges, qui était en pleine activité et offrait un spectacle vraiment imposant. Cet atelier, mû par une force de quatre-vingt-dix'chevaux de vapeur, renferme des laminoirs pour la tréfilerie et le fer marchand, des marteaux-

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pilons des fours à puddler et à réchauffer, et des machines ingénieuses et puissantes qui transforment les barres de fer en rails en éclisses

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“Sr "T e “ thOUSiaSme 1" e le " rs acclamations énergiques couvraient le bruit des marteaux et des machines. ’

narcoZTL! T ™ P ° nt COnStrait lollt “P rts sur le “al qui met l’usine en communication avec la Loire et ont

L t Parc ’ ou etaient reums les eleves des Ecoles chrétiennes et les enfants des Salles d’asile. Leurs Majestés sont ensuite entrées dans les

enLteuTZec lës a ëd mmi T‘ t 0n ’ Z Z dai ” B patr0neSSeS “i* * P rts ® fe 4 l'Impératrice. Pendant cette présentation, l’Empereur s’est M Diifnid ■ ‘ rasll ' ate, "' s de lusine > el a adresse quelques paroles bienveillantes à M. Em. Martin, qui fut avec son beau-père M Dufaud, le créateur de cet .mportant établissement métallurgique. M. Georges Martin, ingénieur attaché à l’usine, a contribué aussi à si pros en e par les .mportants travaux don. il a été chargé, il a construit la grande arche du pon, de la Cité, à Paris, qui a pom

Lou s-Phihppe et il; est en ce moment chargé de la construction du pont du Var, sur le chemin de fer de Toulon à Nice et du pont de ConstanUne

des.,ne a rempiacer l’ancien pont romain sur ,e Roumel, qui doit être inauguré solennellement, en 1863, par le Lrf hTdudeMS gouverneur général de l’Algérie. ’ ’ 1 cu,ai uuc ae MalakoII,

vem.fdëtmë' 3 , 1 USine * 1 ’ Em P erem et l'Impératrice ont passé au milieu d’une foule compacte, composée de deux mille ouvriers

de toutes les succursales de l’établissement et de la population de la ville et des environs, qui n’ont cessé d’acclamer Leurs Majestés iusuu’au moment ou le train impérial s’est remis en marche. J J q ”

à U têtTde’ sotëclereé T*’ a préï * nté à 1 ’ E “P erem ' les c ' efe de lu ville, et le cortège s’est rendu à la cathédrale, où W> Forcade,

«e s ! , f g \ P 0n “ m dlSC °“ rS au<!uel Sa Ma i esté a ré P°" du . el qui a été suivi d’un Te Deum. Deux arcs de triomphe avaien

S’b | S , Z’ IZ a ™ e du Debarcadere ’ ,or mé des produits métallurgiques et céramiques de la Nièvre; l’autre près de la porte Saint Sebastien, tout en fleurs et portant des inscriptions en l’honneur de Leurs Majestés. P

A l’hôtel de la préfecture, M. de Magnitot a présenté à l’Empereur les fonctionnaires de la ville et du département Les dames et les demoiselles Nevers, les patronesses de ,’Orphelinat du Prince Impérial et de ,’OEuvre des jeunes apprentis, don, Impératrice es» par Sa Majesté ; puis a eu heu le défilé des corporations ouvrières e, des députations des communes qui a duré près de deSx et res Apres un grand diner offert par l’Empereur dans la salle à manger de la préfecture, un bal a été offert për la munëdpZëî, eurs Majestés Château. Sa ° nS ’ riChement 4 US ^ se s ™‘ prolon 8 ées penda "‘ toute la nui, s'ur la place du

Le 8 juillet, dans la matinée, l’Empereur a visité la fonderie de canons de Nevers, où étaient exposés divers produits métallurgiques des usines de la Nièvre.

A onze heures du matin, le train impérial s’est remis en marche. Le temps, qui depuis quelques jours était pluvieux, s’est subitement-rasséréné, et le soleil n’a cessé de briller pendant toute la durée du voyage. Leurs Majestés ne se sont arrêtées qu’à la station de Riom, où le maréchal de Castellane les a reçues à la descente du wagon. Le maréchal Baragüey d’Hilliers avait pris place dans le train impérial depuis Cosne jusqu’à la limite de son commandement militaire. M. Rouher, ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, était venu également au-devant de Leurs Majestés, et son nom, placé à côté de celui de l’Empereur, de l’Impératrice et du Prince Impérial, dans un des arcs de triomphe élevés par les habitants de la ville, témoignait de la popularité dont Son Excellence jouit en Auvergne, son pays natal.

Après la réception à la gare, le cortège s’est rendu au milieu d’une foule compacte jusqu’à l’hôtel de ville, au milieu des acclamations de la foule qui voyait pour la première fois l’Empereur et l’Impératrice. C’était l’avant-garde dé l’Auvergne qui fêtait la bienvenue impériale et qui semblait revivre dans ses traditions et ses costumes, comme la vieille Armorique le jour où les paysans de la Bretagne vinrent saluer Leurs Majestés à Sainte-Anne d’Auray.

L’enthousiasme des populations n’a pas été moins grand à Clermont. Là aussi l’opinion publique unissait dans un même sentiment de reconnaissance l’Empereur et l’un de ses plus fidèles serviteurs, en applaudissant au décret conférant le titre de duc au comte de Morny, en qui la noblesse est unie à tant de distinction et de mérite personnels. Le maire de Clermont, M. Mége, a présenté à l’Empereur les clefs de la ville, et le cortège s’est dirigé vers la cathédrale, acclamé sur son passage par les populations accourues de tous les départements voisins. L’arc de triomphe élevé à l’entrée de la ville par MM. Barbier et Daubrée personnifiait par ses attributs les machines industrielles et agricoles construites dans leur importante usine. Un autre arc de triomphe, formé de sacs de farine entremêlés de gerbes de blé, était l’emblème du commerce de la minoterie et des pâtes alimentaires, qui sont une des industries les plus considérables de l’Auvergne. Leurs Majestés ont été reçues à la cathédrale par M gr Féron, qui leur a adressé une allocution pleine de tact et de convenance. Le Te Deum a été chanté par le nombreux clergé venu de tous les points du diocèse. Les présentations officielles ont eu lieu au palais de la préfecture, devenu, selon l’usage, résidence impériale. Puis a commencé le défilé des communes rurales, qui n’a pas duré moins de trois heures, au milieu d’un enthousiasme indescriptible.

L’Auvergne tout entière avait envoyé ses représentants à Clermont, et, en voyant défiler cette population énergique, ces descendants des Arvemes, soldats de Vercingétorix, on se rappelait la lettre que M gf de Dampierre, évêque de Clermont, écrivait à Napoléon I er au moment où il n’avait plus pour défendre le sol français que les héroïques brigands de la Loire :

« Sire, disait-il, si vous voulez faire une guerre de partisans, il y a dans nos montagnes d’Auvergne quarante mille hommes prêts à se ranger sous vos drapeaux. »

Les descendants du héros gaulois qui fut digne de se mesurer avec César ont toujours fourni à la France de vaillants capitaines, témoin Desaix, qui fut le compagnon d’armes du moderne César en Égypte, et qui mourut si glorieusement à la bataille de Marengo.

La matinée du 9 juillet fut employée par l’Empereur à la visite du plateau de Gergovia, sur lequel nous nous étendrons davantage dans le chapitre suivant, consacré aux origines gallo-romaines.

Pendant cette excursion archéologique, l’Empereur est resté près de cinq heures sur le plateau et sur les pentes voisines, étudiant attentivement le terrain, écoutant avec bienveillance les explications des savants du pays, et préparant un des épisodes les plus intéressants de 1 ’Histoire de César.

L illumination des montagnes du Puy-de-Dôme, qui devait rappeler les feux des anciennes vigies gauloises, n’a pas complètement réussi ; mais, en revanche, la ville de Clermont resplendissait de lumières, et, pendant toute la nuit, cent mille personnes, qui n’avaient pu trouver un gîte, ont parcouru les rues et campé sur les places, à la lueur des illuminations.

; Le de 1 ^ûtel de conduit par Strauss, a été splendide. La décoration des salons, exécutée par M. Eug. Delessert, rappelait celle de 1 Alhambra, et Leurs Majestés ont dansé plusieurs quadrilles d’honneur avec les notabilités et les dames et demoiselles du pays.

Le Berry n a pas été moins démonstratif que l’Auvergne envers les augustes visiteurs, qui terminaient par cette province leur excursion dans le centre de la France. Les mêmes acclamations ont accueilli Leurs Majestés à la gare de Bourges, où les autorités étaient réunies; à la cathédrale, où 1 archevêque, M gr de la Tour d’Auvergne, a adressé à l’Empereur et à l’Impératrice un discours témoignant de la confiance du clergé français envers le chef de 1 État ; à la préfecture, où M. Paulze d’Ivoy a présenté les corps constitués et les fonctionnaires, pendant que l’Impératrice recevait les hommages des dames de la ville et des demoiselles de Bourges, dont une députation, portant le costume élégant du pays, a offert a Sa Majesté un magnifique bouquet et un compliment de bienvenue. Le bal a eu lieu dans la salle de spectacle et dans les salons contigus de 1 hôtel Jacques Cœur, dont la décoration produisait le plus bel effet.

C Le lendemain > Leurs Majestés ont assisté aux exercices du Polygone et visité l’emplacement de l’Arsenal, qui doit prochainement devenir une ecole pratique d artillerie, comme le camp de Châlons est une école de manœuvres militaires.

La ville de Moulins n a reçu qu’à la gare la visite de Leurs Majestés; mais les populations de l’Ailier sont plus en contact avec l’Empereur, epuis le séjour que Sa Majesté fait à Vichy, et leurs hommages n’en ont été que plus chaleureux et plus reconnaissants. Le préfet de l’Ailier,

, ' eiJteur ; ® en est fait 1 interprète en présentant les autorités et les fonctionnaires du département, et les dames de Moulins ont témoigné a a Majesté 1 Impératrice de leurs sentiments de respectueuse sympathie et de leurs vœux pour le Prince Impérial, dont le nom a été mêlé à toutes les acclamations de ce voyage triomphal.

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UT-ON nous reprocher, comme à l’avocat des Plaideurs, de remonter à la création du monde, nous dirons auelaues mots sur Vichy avant le Déluge. 4 4

La Limagne a dû être, à l’époque où les volcans d’Auvergne étaient en pleine activité, un immense lac dont écoulement se trouvait à peu de distance de Vichy. Les noms de Cramer et de SaintGermain^Foss* semblent indiquer 1 existence de digues et de canaux bien plus considérables que les minces filets d’eau qui les arrosent aujourd hui. On a retrouve, dans les terrains d’alluvion de cette fertile vallée, de nombreux débris d’animaux et de végétaux fossiles. Plusieurs tertres, tels que la butte de Billy, sont des amas de coquillages et d’incrustations produits par les sources thermales. La source des Célestins a formé elle-même le rocher qui pèse aujourd’hui sur elle et semble obstruer son double orifice.

Pour creer la route thermale qui va des bords de l’Ailier à la gare du chemin de fer, on a dû percer une couche rocheuse d aragonite, d’ou jaillissent les sources. On a trouvé, dans la brèche qui s’élève au-dessus de l’enclos des Celestms, au milieu des sédiments formés parles eaux, des ossements antédiluviens d’animaux amphibies est permis de supposer qu’ils étaient attirés en cet endroit par la chaleur des sources ou la salure alcaline des eaux. L est 1 opinion formulée par M. Jutier, ingénieur des mines et savant géologue.

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Un autre savant, M. Louis Figuier, a publié, dans un ouvrage intitulé la Terre avant le Déluge, des cartes de la France et des vues idéales du monde primitif aux époques antédiluviennes.

Pendant la période silurienne, qui fut une des premières époques de transition, la carte géologique de la France nous montre les montagnes de l’Auvergne et du Bourbonnais émergeant au milieu d’une vaste mer intérieure dont Autun, Saint-Étienne, le Puy et Clermont indiquent les points culminants. Le bassin de l’Ailier était sous-marin et formait un golfe qui allait en se rétrécissant jusqu’aux environs de Brioude.

Pendant l’époque jurassique, période secondaire de la formation du globe, le golfe formé par le bassin de l’Ailier se rétrécit, et quelques points du Bourbonnais commencent à émerger au-dessus de la surface des eaux.

Ce devait être alors un admirable spectacle que de voir, à la lueur des volcans en éruption, les palmiers aux larges feuilles, les fougères gigantesques pencher sur les eaux leurs luxuriantes végétations, et, sur ce sol vierge de toute empreinte humaine, les mammouths, les plésiosaures et les ichthyosaures, ces ancêtres de l’éléphant, du crocodile et des reptiles sauriens, se vautrer dans la fange, au milieu de roseaux d’espèces inconnues et de broussailles inextricables.

Une dernière convulsion sépara la terre des eaux, et prépara le globe terrestre à recevoir l’homme et la femme, rois de la création. Elle rejeta vers la mer Atlantique les eaux de la Limagne. Les sources thermales qui pendant si longtemps s’étaient perdues dans ce vaste bassin créèrent des amas de sédiments calcaires formant de véritables collines. La fontaine de Saint-Allyre à Clermont, celles de Saint-Nectaire près du mont Dore, et la source des Célestins de Vichy, se rattachent à cette époque, et, par leurs incrustations séculaires, elles agrégèrent ces rochers compactes.

Les eaux s’étant retirées du vaste bassin de la Limagne, les terres d’alluvion se formèrent avec le limon du diluvium, et cette belle vallée sortit belle et souriante de cette dernière transformation.

« Alors, dit un savant naturaliste qui est en même temps un poète, M. Henri Lecoq, le feu des hommes remplaça celui des volcans; les bêtes fauves s’enfuirent effrayées devant leurs nouveaux adversaires, et cette fertilité si connue de la Limagne, elle la dut au limon dont elle fut formée, au sang dont elle fut pétrie, aux larmes et à la sueur dont elle fut arrosée. »

En effet, aux révolutions du globe succédèrent les révolutions de l’humanité.

Les archéologues, prétendant avec raison que la plupart des anciens noms de pays remontent à la période gauloise, n’ont pas manqué de trouver une étymologie celtique à Vichy. Ils font dériver ce nom de wich, qui signifie vertu, et de y, qui veut dire eau. Ce qui est plus certain, c’est que la découverte de haches, de pointes de flèches en silex, et de quelques monnaies d’or attribuées aux Arvernes, attestent le séjour des peuples de race celtique sur les bords de l’Ailier. Plusieurs pierres druidiques, situées au hameau de la Courtine, près du Mayet, sur la lisière des bois du Bizain et dans la forêt d’Assise, près de la commune de Pruyne, datent également de la même époque.

La période gallo-romaine nous offre des données plus positives. La tribu gauloise qui correspondait à l’ancien Bourbonnais était celle des

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BOUGAREL FILS EDITEUR.

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