‹ Vichy sous Napoléon IIIChapitre 23 sur 23 · CHÂTEAU DE- NADES · texte numérisé non relu

CHÂTEAU DE- NADES

dont la terre patrimoniale, appelée la Brosse-Cadier, était située près de Moulins. La terre et seigneurie de Yeaucc sont constamment restées dans cette maison, représentée aujourd’hui par Charles-Eugène de C.adier, baron de Yeauce, député de l’Ailier, qui a restauré complètement le château, en 1841, en conciliant avec le style féodal le goût et le confortable de notre époque. Des deux terrasses superposées, on jouit d’une vue magnifique sur la riche vallée de Yicq, et l’on descend par l’escalier d’honneur, bordé d’arbres séculaires, au bas de la tour principale, vieux donjon armé de créneaux et de mâchecoulis, et qui a conservé sa physionomie antique. Les visiteurs doivent descendre par l’allée du parc, sous le château, où ils seront impressionnés par la hardiesse de la situation étrange de cette forteresse placée sur des rochers à pic, à une grande élévation.

A la sortie de la grille, on rejoint l’autre route qui continue jusqu’à Vicq : on passe, dans ce bourg, à côté de l’église, remarquable par sa crypte romane, et l’on parcourt la belle vallée qui conduit à Saint-Bonnet-de-Rochefort, près du château fort de ce nom appartenant au vicomte du Ligondès; enfin l’on descend à Rouzat, où l’on franchit la Sioule dans une des gorges les plus pittoresques de cette rivière.

De là on aperçoit les travaux du tunnel et du viaduc gigantesque du chemin de Commentry à Gannat, et l’on arrive au bourg de Mazerier, qui ramène à Gannat en passant près du château de Langlar, d’où M me de Sévigné a daté quelques-unes de ses charmantes lettres, dont voici un fragment :

« Plût à Dieu, ma chère enfant, que, par un effet de magie blanche ou noire, vous pussiez être ici. Vous aimeriez premièrement les solides vertus du maître de la maison, et vous admireriez le courage et J’adresse qu’il a eus de rendre une affreuse montagne la plus belle, la plus délicieuse et la plus extraordinaire chose du monde. Je suis sûre que vous seriez frappée de cette nouveauté. Si cette montagne étoit à Versailles, je suis sûre qu’elle auroit ses parieurs contre les violences dont l’art y opprime la pauvre nature dans l’effet court et violent des fontaines. Les hautbois et les musettes font danser la bourrée d’Auvergne aux faunes d’un bois odoriférant, qui fait souvenir des parfums de votre Provence ; enfin, ma fille, ce repos m’a été agréable et nécessaire. »

Page 1