‹ Vichy sous Napoléon IIIChapitre 5 sur 23 · DÉFINITION DES EAUX MINÉRALES · texte numérisé non relu

DÉFINITION DES EAUX MINÉRALES

On désigne sous le nom d’eaux minérales, ou mieux médicinales suivant Alibert, toutes les eaux naturelles chaudes ou froides qui agissent d’une manière remarquable sur l’économie animale dans un but médicamenteux.

Pendant longtemps elles ont été classées, d’après leur degré de température, en froides, chaudes et tempérées. Ce mode de classement était évidemment vicieux, en ce sens qu’il ne donnait aucune idée scientifique ni médicale des sources. Plus lard, on les a divisées d’après leur nature chimique de composition, en prenant pour base la substance ou l’agent minéralisateur auquel elles doivent leurs caractères distinctifs, d’après les propriétés chimiques qui les caractérisent.

Cette substance principale, qui sert encore de nos jours à caractériser et à classer les eaux minérales, mérite certainement de fixer l’attention des médecins. Toutefois il ne faudrait pas croire ni arguer de là, comme nous le verrons d’ailleurs lorsqu’il sera question du mode d’action des eaux, que les autres agents de composition, quelque minimes que soient leurs quantités, jouent dans l’action thérapeutique un rôle purement passif, et qu’ils se bornent à recevoir la forme, la nature chimique et médicale de l’agent principal. Ce mode d’envisager l’action des eaux, il faut le dire, serait une grave erreur.

Ce n’est, du reste., que vers .le milieu du dix-septième siècle qu’on a commencé à s’occuper de l’analyse de leur composition. Bayle, sous ce rapport, doit être regardé comme le premier chimiste' qui ait indiqué la nature de leurs éléments constitutifs; mais il faut dire aussi que depuis cette époque cette partie de la chimie a fait d’immenses progrès, et peut-être laisse-t-elle encore de nos jours beaucoup à désirer., si nous nous en rapportons surtout aux récentes, découvertes faites par l’analyse spectrale, laquelle n’a pas encore dit son dernier mot au point de vue des éléments constitutifs des eaux minérales.

Après cet exposé succinct de leur classification, voici à quelle époque les eaux minérales ont commencé à être réglementées administrativement. Les premiers règlements officiels connus ont été publiés vers le dix-septième siècle. Jusque-là, une liberté complète avait été laissée à tous les intéressés ou charlatans de l’époque, qui les exploitaient de leur mieux, à l’aide du mensonge, dans un but d’intérêt privé.

Henri IV, pendant son séjour aux bains des Pyrénées, s’étant aperçu combien ces abus pouvaient devenir dangereux pour la santé publique et nuisibles à l’avenir des

eaux minérales, s empressa, à son avènement au trône, de soumettre les eaux médicinales à une réglementation régulière. Ses édits et lettres patentes furent rendus publics en 1G03, et confirmés plus tard par des ordonnances royales de Louis XIV et de Louis XV.

En suivant l’ordre chronologique des divers règlements administratifs, nous voyons que de nouvelles lettres patentes, publiées en 1778, placent les eaux minérales sous les attributions de la Société royale de médecine, et que le 5 mai 1780 une seconde ordonnance confère le droit de nomination et place sous l’autorité du premier médecin du roi les intendants des eaux. Plus tard, nous trouvons encore plusieurs arrêtés publiés sous la République : le premier, le 14 octobre 1797 (23 vendémiaire an 6), ayant pour titre : Arrêté du Directoire exécutif concernant les sources et fontaines d’eaux minérales; le second parut le 18 mai 1799 (29 floréal an 7), et le troisième, spécialement consacré à l'organisation des établissements d'eaux minérales, le 23 avril 1800 (3 floréal an 8). Un arrêté en date du 27 décembre 1802 (G nivôse an 11) fit connaître les conditions relatives aux baux à ferme des eaux minérales.

Le 18 juin 1823, Louis XVIII publia l’ordonnance royale qui pendant longtemps a servi de çègle à l’administration des eaux minérales. Après une longue période de repos, nous avons vu paraître sous la dernière république, le 8 mars 1848, la loi sur le périmètre de protection des sources minérales, et le 14 juillet 185G, la lpi sur la conservation et l’aménagement des sources, laquelle a été suivie quelques années après, le 28 janvier 1860, par le décret impérial concernant l’organisation, l’inspection et la surveillance des eaux minérales.

C est en 1786 que fut inauguré pour la première fois à Vichy le service de l’intendance, et confié au docteur Fouet, qui fut nommé à ce poste par Daquin, premier médecin du roi, lequel mourut à Vichy, où il était venu pour prendre les eaux, en 1797. MM. les intendants et surintendants des eaux avaient pour mission et étaient chargés, comme ils le sont encore, non-seulement de la haute surveillance des bains et des fontaines minérales, mais encore de recueillir les faits pratiques bien avérés. Ce titre d intendant fut changé pour la première fois en celui d’inspecteur à l’époque de la nomination de M. Lucas aux eaux de Vichy, en 1802.

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