‹ Victoire d'ameChapitre 2 sur 18 · VIII DÉDICACE · texte numérisé non relu

VIII DÉDICACE

à qui j'allais offrir quelque nouvel essai, un juge dont le goût fût plus délicat et plus sûr. Ces soirées que nous passions, moi, lisant à haute voix mon œuvre, toi, approuvant ou blâmant, ces soirées délicieuses où je sentais qu'à ma tendresse de frère s'ajoutait un peu de la respectueuse et reconnaissante affection de l'élève pour le maître, — hélas! qui me les rendra?

Cela eût été beau, pourtant, de continuer ainsi que nous avions commencé : notre père, achevant dans sa robuste vieillesse le monument dont il avait quelque cinquante ans auparavant jeté les premières assises, vivant, honoré de tous, au milieu de ses Romains et de ses Grecs, qui n'ont pas eu de meilleur citoyen que lui; toi, racontant l'histoire des généraux et des armées de la Révolution, sentant frémir ton âme . guerrière à l'écho des batailles où tu aurais été digne de figurer au premier rang des héroïques soldats qui les ont gagnées; moi, creusant modestement mon sillon à côté du vaste champ que

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