XVI DÉDICACE
fensive manie qui me pousse à noircir du papier. Si je te disais, mon frère, que je compte sur ces nouvelles pour passer à la postérité, tu me rappellerais à la modestie, et tu aurais raison. C'est notre tourment, à nous autres écrivains, — qui Ta éprouvé mieux que toi? — c'est notre tourment de savoir combien il est malaisé d'écrire cent lignes qui demeurent, et c'est notre honneur aussi, le sachant, de passer notre vie à presser notre cerveau poiir en extraire ces cent lignes, d'être prêts à payer par le plus acharné labeur ce petit peu de gloire qu'elles nous donneront, si nous parvenons enfin à les faire jaillir de notre pensée. Et c'est pourquoi, après celle du prêtre et du soldat, avec celle de l'artiste et du savant, notre profession est la plus belle de toutes : car la noblesse d'un métier se mesure à la part d'idéal qu'il renferme.
Si je ne suis pas plus fier qu'il ne faut de ces récits sans prétention, je n'en suis pas honteux non plus : l'hommage que je t'en