‹ Victor AlfieriChapitre 40 sur 52 · SCÈNE II MICOL · texte numérisé non relu

SCÈNE II MICOL

MicoL. — Il fuit... O ciel! je le suivrai... Mais quelles chaînes de fer meretiennent au sol? Je ne puis avancer. . . Il disparaît... A peine puis-je me tenir debout, bien loin depouvoir le suivre. Jele perds une seconde fois. Qui sait

quand je le reverrai ? Pauvre femme ! Et tu es une épouse. . . Ton mariage fut-il un mariage ? — Non , non , j e ne reste plus auprès d'un père cruel. Je veux te suivre, ô mon époux ! — Mais si je le suis, je le tue; ce n'est que trop certain. Comment dissimuler la trace de mes pas qui suivront si lentement sa course rapide?... Mais quel bruit s'élève du camp? Un bruit d'armes, il me semble? Oui, c'est bien cela, le bruit s'accroît ; les trompettes font entendreaussi un appel étouffé.. . Et j'entends le sabot des destriers... Oh ciel ! qu'arrive t-il ? La bataille avant le lever du jour ? Saùl ne l'a pas ordonné ainsi. Qui sait ? Mes frères... mon Jonathas sont peut-être en danger... Mais voici que des plaintes, deshurlements, des gémissements profonds sortent de la tente royale. Malheureux père! courons vers lui... Que vois-je ? Il vient... c'est lui... Quel air il a ?... Ah! mon père...

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