EXTRAITS DES COMÉDIES
LE DIVORCE
[Le Divorce est la plus importante des comédies d'Alfieri, et de beaucoup la meilleure. C'est une satire violente des mariages du « monde •>■> où le « sigisbée » était admis. On ne divorce pas dans cette pièce ; on s'y marie, mais Alfieri appelle des divorces ces sortes de mariage. Le jeune Prospero Benintendi devient amoureux de Lucrezia Cherdalosi, d'une noble famille génoise. Settimio Benintendi, père de Prospère, n'est pas trop satisfait ; c'est un honnête homme; il n'ignore pas que M™« Cherdalosi a plusieurs chevaliers servants, que sa fille Lucrezia est une coquette qui marche sur les traces de sa mère, et il ne veut pas de cette Lucrezia pour belle-fille. Toutefois il cède aux supplications de son fils, espérant que les événements ne vont pas tarder à lui donner raison, et il fait la demande en mariage. Lucrezia accepte sans hésitation de devenir la femme de Prospero Benintendi, à qui d'ailleurs elle avait fait des avances, mais elle ne l'aime pas et se promet bien, une fois mariée, de continuer à se faire faire la cour par un certain Ciuffini qui est le premier sigisbée de Madame sa mère. Ciuffini est in peu inquiet de voir Lucrezia épouser un joli garçon ; il a peur d'être sacrifié : Lucrezia le rassure dans une jolie scène que voici. Elle écarte Don Trameezzino, « le prêtre de la maison », et s'explique en toute sincérité avec Ciuffini.]
LE DIVORCE