I OO OO & À NO
L’illusion que les femmes veulent entretenir à tout prix, leur est facilitée par le don qu’elles possèdent de pouvoir oublier la réalité” quand elle est trop cruelle et de se débarrasser des souvenirs humiliants ou pénibles :
« Les femmes ont un art particulier pour se débarrasser des faits et des souvenirs qui les gênent‘. » Cherbuliez est souvent revenu à cette idée : « Les femmes ont ceci d’admirable qu’elles savent se rendre maîtresses de leurs souvenirs”. » « Les oublis volontaires de cette femme anéantissaient en quelque sorte le passé*. » « Les femmes ont une merveilleuse faculté d’oubli*. » Les hommes, eux, oublient moins facilement parce que pour eux l’idée prime la sensation.
La raison ne compte pour les femmes qu’autant qu’elle s’accorde avec leurs désirs : « Est-ce que les femmes donnent des raisons ° ? » On a souvent observé l'indépendance surprenante de leur raisonnement et l’on s’en est moqué :
« Les femmes ne comprennent que ce qu’elles veulent comprendre‘, » car la vérité, chez elles, se subordonne à la passion qui est, après tout, leur raison d'être, de sorte qu’ « elles n’avouent jamais quand elles se sont trompées‘. »
Mais les femmes sont-elles à blâmer pour cela? « L'amour », qui est tout pour elles, « est une déraison, toutes les inconséquences lui sont permises; l'absurde est son royaume » et dans ce royaume, la femme règne en souveraine.
On est obligé de reconnaître avec Cherbuliez et avec nombre de ses devanciers, que la Femme est singulièrement dénuée de sens moral : « Ce sont les femmes qui nous corrompent, ce sont elles qui nous régénèrent”*, » mais le bien et le mal ne sont pour elles que des accidents. Pour nous, ces notions sont déterminées par des règles, mais les femmes ne peuvent souffrir les règles « qu’elles fassent le bien ou le mal, elles sont toujours des êtres intempéranis"”. »