‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 228 sur 298 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

Mais cet ouvrage n’eut pas à beaucoup près le succès du Grand Œuvre, d'inspiration pourtant semblable. La Vocation du Comte Ghislain et Une Gageure, toutes deux œuvres vaguement romanesques dont l'intrigue se déroule dans une atmosphère mondaine et passablement artificielle, n’ajoutèrent sans doute pas grand’chose au renom du romancier. La dernière nommée, particulièrement, fut. en général peu goûtée : « Ce roman, où l’on croit sentir parfois comme une marque de fatigue... »'. « Le romancier a vieilli et ses grands succès commencent à dater” ». Ceci en 1893... « L’imagination du romancier a peut-être pâli mais son imagination ne s’est pas émoussée” » — Ceci en 1892.

Un procédé nouveau chez Cherbuliez écrivant à cette époque a été signalé à propos d'Une Gageure, celui du détail légèrement épicé, qui, aux dires de certains, choquèrent les lecteurs de La Revue, ce qui aurait suffi, paraît-il, pour ôter à l’auteur toute velléité de recommencer. Mais cela n’est pas prouvé et de plus, si les données de l'intrigue sont susceptibles de prêter quelque peu à l’équivoque, la façon extrêmement décente employée par l’auteur pour raconter son histoire, aurait dû suffire à calmer les alarmes de la plus ombrageuse pudeur *.

À quel point l’effort pour se renouveler fut conscient chez Cherbuliez, voilà ce qu’il serait malaisé de déterminer. Un correspondant du Journal de Genève affirme que « ses derniers romans avaient marqué un changement notable de son esprit... Sa langue un peu lourde, et pas suffisamment nuancée pour l'analyse psychologique.. » lui aurait nui. Et de conclure que peut-être on pourrait trouver là une raison de plus à ses tentatives de renouvellement.

Ces tentatives auraient donc ressemblé un peu aux mouvements involontaires du convalescent qui veut se remettre à apprendre à marcher, et qui y réussit, s'il faut en croire Faguet, qui dans un passage précédemment cité trouvait que dans le fléchissement de sa fin de carrière il y avait comme une coquetterie, puisque les toutes dernières œuvres au contraire furent comme une « renaissance ».

Très consciente fut sa tentative de renouvellement la plus mar-

Page 1