Espagne politique, p
dubitative. Dès janvier 1874 c'était la chute de Castelar et le règne du chaos qui reprenait.
L'extrait suivant formant conclusion à l’ouvrage marque assez le peu de confiance que Cherbuliez a en l'avenir politique de l'Espagne et possède à la fois la saisissante force de l’actualité :
« Il est constant désormais que rien n’est changé dans la Péninsule, qu'il n'y a qu’un pronunciamiento de plus. Son malheur depuis cinquante ans est d’avoir permis à son armée de devenir l'outil universel de la politique ; son bonheur comme son privilège est que les soldats qui règlent ses destinées ne font pas de la politique de caserne. Le peuple espagnol a vécu jusqu’aujourd’hui et vivra longtemps encore sous un régime de prétoriens quise trouvent avoir l'esprit parlementaire, qui goûtent la discussion et lui font sa part dans le gouvernement des choses humaines. Il est à désirer que ces prétoriens n’abjurent pas leur libéralisme. Puisse l'Espagne leur devoir un gouvernement qui concilie les libertés et les sécurités nécessaires, et lui permette de rétablir ses finances, de développer ses industries, de travailler, de penser, de sortir enfin de cet état précaire où une nation, incapable de rien entreprendre, se voit obligée de consacrer toutes ses forces à l’humble labeur d'exister! »
Ce qu’on a pu reprocher à Cherbuliez c’est de n'avoir pas su faire le métier de journaliste, de s’être contenté de philosopher sur des situations tragiques. À l'heure actuelle, un « reporter » de deuxième ordre s’en serait sans doute mieux tiré :
« Mais le reportage n’était pas encore à la mode en 1873, et ce n’était pas au surplus, le métier de Cherbuliez. Il écrivit dans un style académique et très littéraire, sur des événements violents, un livre de philosophie politique et d'histoire, où il n’a même pas négligé d'introduire les noms de Hegel et de Schelling... Ce livre est le moins heureux de tous ceux qu’il écrivit. Ses qualités habituelles, son style étincelant, son brillant esprit ne s’y trouvent pas au même degré »*°.
L’insuccès du livre est dû aussi à ce qu’il se terminait au beau milieu d’une période d'évolution... La dictature de Castelar n’était pas une borne dans l’histoire. Il avait donc quelque chose qui lui enlevait de sa valeur.
Homme de cabinet, c’est dans les archives et dans les journaux