‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 80 sur 298 · La Ferme du Choquard, p · texte numérisé non relu

La Ferme du Choquard, p

de la vogue Zolaesque. Cela étant, pourquoi un peu de naturalisme serait-il blâmable chez les uns, louable chez les autres ?

Il a été question plus haut du « pli livresque » imputé à notre auteur. Îl paraît indéniable qu’il entre quelque pédantisme dans beaucoup des citations trop savantes, trop nombreuses, qu’il a prodiguées dans ses romans. Cependant nous pensons qu'il faut en toute justice reconnaître que si Cherbuliez aime à déployer sa science c’est souvent parce que sa curiosité était sollicitée et qu'il croyait pouvoir la faire partager à ses lecteurs. C'était chez lui l'indice d’une simple tendance très sincère à discourir sur des sujets qu'il connaissait particulièrement puisqu'il s'était passionné pour eux constamment tout au long de sa carrière. Par exemple, il est avéré que la botanique avait pour lui des attraits multiples. En bon Suisse fidèle à ses origines, il avait dès l’enfance pris l'habitude d’herboriser. Quoi d'étonnant par conséquent à ce que chacun de ses livres, ou presque, fourmille de termes et d'explications se rapportant à cette science ?

« Une particularité du Comte Kosita, nous fait observer M. Leguay, où apparaît à plus d’une reprise un souvenir de Jean-Jacques, c'estla grande place qu’y tient la botanique! »;

« Il profite du séjour de ses héros (Samuel Brohl el C'°) dans l’Engadine, pour nous faire connaître la flore des Alpes, herborisant avec ardeur comme aux meilleurs jours du Comte Kostia » ? ;

« Dans Après Fortune Faite, il s'est donné le plaisir de prendre pour héros un botaniste : Silvère Sauvagin, ce jeune jardinier bachelier, finit assistant au Muséum de Paris. Dans cette brochure savante, les noms de la Dioclea glycinoïde, originaire de la Nouvelle Grenade, du Bignonia Crucifera, qui vient des Antilles, ou du Cynodia Sinensis, le cognassier de la Chine, se trouvent parfaitement à leur place...* »

Donner aux espèces leurs noms propres, même dans un roman, est peut être un peu rébarbatif, mais ce n’est pas là faute capitale :

« Vous connaissez les épicéas, ces sapins des régions supérieures, dont le tronc rougeâtre, dénudé jusqu'aux deux tiers de sa hauteur, dresse vers le ciel une cime altière et hérissée*. »

Il serait difficile de prendre Cherbuliez en faute, tant il est au fait de ses nomenclatures botaniques. Il est bon de noter aussi que parmi

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