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4, Paule Méré, p. 18.
tous les ouvrages de Gœthe pour lequel il avait une véritable vénération et qui l’a inspiré peut-être encore plus que son maitre Hegel, c’est la Métamorphose des Plantes qui a toute sa prédilection.
« À la botanique », nous dit encore Leguay, « Cherbuliez a joint (dans Jacquine Vanesse) l' entomologie, et Jacquine qui disserte volontiers sur les chenilles est une grande collectionneuse de papillons *. »
« L’érudition de M. Cherbuliez », a dit E. Faguët, « était vivement passionnée parce que M. Cherbuliez était Rariel de la solidarité de l'humanité. Il ne doutait point que nous ne soyons faits précisément de ce que nos pères ont pensé, ont senti, ont aimé, ont haï, ont espéré et ont souffert. Et donc ces morts qui parlent, qu’on ne s’y trompe pas, c’est nous encore, c’est nous déjà ?. »
Il s'intéresse donc à l’histoire, aux sciences, à une infinité de sujets techniques; mais à chaque question qu’il soulève il ajoute une réflexion qui est comme un aparté philosophique, une question posée à l’inconnu :
« La sélection sexuelle me paraît une affaire très hasardeuse.. Je doute aussi que les êtres les mieux doués et les mieux nourris aient plus queles autres la faculté de se reproduire, et que ce soit là tout le secret du perfectionnement des espèces”. »
€ Mais il faut être de son siècle. Jadis on expliquait tout par de grandes causes agissant par à-coups ; aujourd'hui on croit à de petites causes qui travaillent sans cesse dans l’ombre et dont les effets s’accumulent *. »
Cherbuliez a écrit tout un livre, La Bête, considéré par certains comme un superbe hymne à l'humanité en marche vers le progrès et dans lequel la zoologie lui sert de prétexte à des hypothèses
sur les questions obscures de l’évolution de l’homme et de sa destinée :
« Je ne descends d’aucune des espèces de singes existants. La preuve c'est que dans sa première jeunesse le gorille nous ressemble beaucoup plus que dans son âge adulte ; à mesure qu'il vieillit, il s’éloigne davantage de nous : il acquiert des canines aussi longues que celles des lions, de fortes crêtes osseuses sur l’occiput et une tête prognathe Lee au museau de l'ours et du sanglier. Non, lé gorille n’est pas mon père... cousin pauvre qui n’a pas su arriver ®. »
2. BE. Faguet. — Discours de Réception à l'Académie Française. 3. La Béle, p. 88.
£. Id., p. 89.