‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 91 sur 298 · D OO & CC NO · texte numérisé non relu

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est aussi un grand mystère, ou comme le dit Cherbuliez citant Le Pic : « Une magie qui repose sur le mariage des vertus secrètes de la nature’. »

Finalement il faut encore autre chose, l'enthousiasme, le désir de créer, la foi en soi-même, et au progrès, le sentiment qu’on remplit un devoir sacré : « Pourquoi l’homme est-il appelé à étendre de toutes parts et à reculer autant qu'il est en lui les bornes de son être? C’est que l’homme par la place qu’il occupe dans la hiérarchie des créatures est véritablement le centre de l'univers”... » « Or la matière informe, inerte, il l’ennoblit en la dressant au service de l'intelligence, et l’on dirait qu’il lui donne le sentiment de la pensée*. » C’est en cette organisation, en cette création ou en cette transposition en termes de soi-même que consiste le véritable acte de volonté... Mais cet enthousiasme doit lui aussi subir un apprentissage. Cet apprentissage n’est cependant pas très ardu : Il suffit « de faire avec passion tout ce qu’on fait, même une partie de bouchon’. » Mais il faut s’y prendre jeune pour réussir.

« La vie est une bataille à gagner ; il importe d'ouvrir le feu de bonne heure”. »

Et ainsi sans s'être livré entièrement (car s’il nous invite à croire au progrès, à la liberté, à l’optimisme, nulle part il n’affirme y croire lui-même positivement) Cherbuliez offre sous forme de conseils dogmatiques un guide de volonté à l’usage de ceux qui n’en ont guère ou de ceux qui gaspillent ce précieux bien, « le premier de nos biens..., le seul qui soit vraiment à nous°. »

Quant à lui il nous semble un peu trop janséniste pour croire

implicitement au libre-arbitre..., trop janséniste, ou trop sceptique?

Mais cela qui donc pourra l’affirmer? Contentons-nous donc de résumer sa thèse en lui faisant encore deux emprunts :

« Vous avez pris conseil de votre caractère; c'était le seul juge à consulter”. » C’est la discipline de la volonté et :

« La discipline de la volonté est le secret des conquêtes durables et des longs bonheurs". »

. Le Prince Vitale, p. 258.

. Jd., p. 258.

. Id., p. 258.

. Prosper Randoce, p. 8.

MG iD. à

. Après Fortune Faite, p. 176.

. Le Roman d’une Honnéle Femme, p. 173.

. Méta Holdenis, p. 61.

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Comme nous l'avons déjà dit, Cherbuliez s’est plu à peindre les caractères d'exception; ils sont à tout prendre plus intéressants que les autres. Dans un de ses derniers livres il nous dit pourquoi :

« C’est si beau la volonté ! Vous souriez? Ah! que voulez-vous ? Je suis romanesque moi, et j’aime les hommes de forte volonté, les héros’. » C’est sans doute, parce que sous ses dehors tranquilles, il fut lui-même un volontaire. Cet ironiste l’a prouvé. Il nous le laisse un peu entendre :

« Un homme qui a un peu d'esprit ou un peu de caractère... L'un ne va guère sans l’autre?. »

Nous avons commencé par parler de l’étude de la volonté chez Cherbuliez parce que c’est dans l'exercice de cette faculté que l’homme se révèle le plus clairement à nous comme créature agissante.

C'est grâce à la volonté qu’il peut le mieux affirmer son individualité et Cherbuliez, a-t-on dit, ne s’intéressaitguère à l'homme en général. Il préférait prendre des cas particuliers et singuliers et montrer en quoi ils s’écartaient de la norme : « Il semble bien que l’homme en général l'ait médiocrement intéressé”... » C’est vers. cette préférence que nous nous sommes tourné d’abord afin d'y découvrir, si faire se pouvait, les idées fortes de la psychologie de notre auteur.

Ce faisant, nous avons pu constater que dans l’étude de cette manifestation la plus vive du Moi, les individus rentraient tant bien que mal dans trois catégories différentes : ceux chez lesquels la vie de sensations et d’instincts est surtout développée, ceux qui, obéissent la plupart du temps aux passions et enfin ceux qui trouvent leur expression dans le domaine des choses de l'esprit.

Nous étudierons donc l’homme tel que le conçoit Cherbuliez par rapport à ces trois influences et dans l’ordre précité qui est après tout l’ordre normal de sa croissance naturelle.

« L'enfant vit dans nos sens et ne vit que là. Notre première vie est toute de sensations‘... » « [l se prépare ainsi à son métier d’être pensant. Nous ne parlons que parce que nous pensons, el nous ne pouvons penser qu'en parlant, et chaque mot que prononce l'enfant est une hécatombe de choses particulières *. »

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