LA DÉMOCRATIE PACIFIQUE
Jusqu'alors l’école n’avait eu pour organe offi ciel qu'un journal paraissant deux ou trois fois par semaine, d’une facon assez irrégulière, suivant les caprices des circonstances et les vicissitudes
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de la vie politique; le nombre de ses lecteurs avait toujours été assez restreint. Pour en étendre le cercle, la nécessité d’un journal quotidien se faisait sentir, impérieuse et pressante. Dès 1839 Considérant y songeait : dans une longue lettre du 27 décembre à son ami Paget, il se montrait fermement convaincu du succès : « J’ai encore disait-il, une autre ancre, et bien autrement accrochée que la première, car elle est fixée dans un terrain trois fois plus solide. Tu devines, n'est-il pas vrai, que je veux te parler de l'avenir des idées phalanstériennes. Hé bien oui, mon cher ami, car tout aujourd’hui nous annonce qu'elles ne tarderont pas à faire la fortune de leurs partisans et de ceux pour qui elles ont fait leurs premières conquêtes. Les dispositions actuelles de la société sont telles que chaque jour elles deviennent plus favorables à nos idées sur l’organisation de l'industrie. Intérêts, sentiments, besoins, opinions, tout à présent cherche ce grand but et y tend avec plus ou moins de force ; il ne faut que le montrer nettement, clairement, pour que tout ce qu'il y a d’intelligent, d’actif et de puissant dans la société se mette en marche et suive la route la plus directe, la plus courte. Or, seuls, nous sommes en mesure de faire connaître cette route. Aussi suis-je convaincu que du jour où nous aurons un journal quotidien, les abonnés nous viendront en masse; en moins d’une année nous en aurons acquis un nombre égal peut-être à celui des journaux les plus en crédit dans le pu-