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L’ACADÉMIE

J’ai terminé la vie purement, ou, pour dire plus vrai, spécialement littéraire de M. Victor Hugo, car, comme on l’a vu, il avait fait de la politique dès son enfance. Lui-méme a dit (préface de Marion de Lorme) qu'il avait été « jeté à seize ans dans le monde littéraire par des passions politiques. » Depuis ses premières odes, tous ses livres s’étaient plus ou moins mêlés à la vie publique; celui même qui paraissait le plus indifférent et le plus absorbé dans l’art, les Orientales, était une œuvre d’à-propos et avait combattu pour l’indépendance de la Grèce.

Il avait toujours été de moins en moins pour l’art égoïste. A ceux qui lui reprochaient d’oublier

la nature, les eaux, les bois, les étoiles, pour les partis, il répondait (avril 1839):

Je vous aime, ô sainte nature :

Je voudrais m’absorlter en vous;

Mais, dans ce siècle d’aventure,

Chacun, hélas! se doit à tous.

Dieu le veut, dans les temps contraires, Chacun travaille et chacun sert.

Malheur à qui dit ;'i ses frères :

Je retourne dans le désert!

Malheur à qui prend ses sandales Quand les haines et les scandales Tourmentent le peuple agité!

Honte au penseur qui se mutile Et s'en va, chanteur inutile,

Par la porte de la cité !

L’action indirecte et lente de la littérature ne suflit bientôt pins à M. Victor Hugo, il voulut y joindre l’action immédiate de la politique, et compléter l’écrivain par l’orateur.

Il pouvait prêter serment à Louis- Philippe. Il avait .plus que payé sa dette à la monarchie déchue. Il ne s’était pas cru quitte pour avoir refusé la compensation qu’elle lui avait offerte en interdisant Marion de Larme, ni pour avoir, le lendemain de la révolution, repoussé le succès

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