‹ Victor Hugo après 1830 (volume 2)Chapitre 110 sur 138 · Le Curieux, par Charles Nauroy, t. I, p · texte numérisé non relu

Le Curieux, par Charles Nauroy, t. I, p

3. Balzac a dédié à Victor Hugo un de ses plus beaux livres • Illusions perdues.

est juste de le dire aussi de lui. Rien d'ailleurs ne se ressemblait moins que leurs méthodes et leurs habitudes de travail. L'auteur de la Comédie humaine travaillait la nuit, et sa Correspondance nous apprend dans quelles conditions. Au moment où il composait Eugénie Grandet, il écrivait à sa sœur, M mc Laure Surville : « Je me couche à six heures avec mon dîner dans le bec. L'animal digère et dort jusqu'à minuit. Auguste me pousse une tasse de café avec lequel l'esprit va tout d'une traite jusqu'à midi. Je cours à l'imprimerie porter ma copie et prendre mes épreuves pour donner de l'exercice à l'animal qui rêvasse tout en marchant. On met bien du noir sur du blanc en douze heures, petite sœur, et, au bout d'un mois de cette existence, il y a pas mal de besogne de faite. Pauvre plume ) il faut qu'elle soit de diamant pour ne pas s'user à tant de labeur 1 ! » Dans une autre lettre, il écrit : « Je ne dors plus que cinq heures ; de minuit à midi, je travaille à mes compositions, et, de midi à quatre heures, je corrige mes épreuves 2 . » La réalité de ce labeur acharné, prodigieux, invraisemblable, est attestée par tous les témoins de sa vie. « Bien rarement, lisons-nous dans les Souvenirs de Léon Gozlan, qui fut souvent son hôte à sa campagne des Jardies, bien rarement Balzac passait-il la soirée avec les amis qu'il invitait. Gela n'arrivait jamais quand le travail le pressait beaucoup. Immédiatement après le dessert, il nous disait adieu et allait se mettre au lit. Plus d'une fois, l'été, à sept heures, au milieu des plus douces splendeurs de la soirée, je l'ai vu nous quitter et remonter soucieusement aux Jardies, afin d'aller goûter par force, par violence, un sommeil imposé, malsain ; afin de pouvoir se

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