‹ Victor Hugo après 1830 (volume 2)Chapitre 118 sur 138 · Histoire d'un crime, t. I, p. 2C · texte numérisé non relu

Histoire d'un crime, t. I, p. 2C

et de bourreaux ; il les montre « abrutis de vin et de fureur », « fusillant le peuple à bout portant, » tirant sur les passants « comme des chasseurs sur leur gibier », « tuant pour tuer »,

Gorgés, payés, repus, joyeux, fous de colère.

Les généraux sont des bandits comme leurs soldats.

cosaques ! voleurs ! chauffeurs ! routiers t bulgares !

généraux brigands!...

Routiers, condottieri, vendus, prostitués!)

Et ces brigands, ces assassins, ces gueux, qui « tuent pour tuer », les voilà maintenant doux comme des agneaux, patients comme des anges ! Ils souffrent qu'on les traite de bandits et de forçats! Devant la provocation et l'outrage, ils se taisent et courbent la tête I Et non seulement le général, mais ses aides-de-camp, ses officiers d'état-major, — tous, même les commissaires de police, et les officiers de paix, et les sergents de ville! Ils laissent Victor Hugo et son fiacre s'éloigner tranquillement et remonter la rue du Faubourg-Saint- Antoine, dans la direction des barricades ! Après cette invention, il faut tirer l'échelle. L'Histoire d'un crime est un roman, le plus invraisemblable de tous ceux que nous devons au poète, le roman du Deux-Décembre, pour faire suite au roman de Quatre-Vingt- Treize, l'Homme qui rugit, pour faire le pendant de l'Homme qui rit.

Je me reprocherais de ne pas signaler une autre invention de l'auteur, non moins divertissante que celle de la harangue de la place de la Bastille :

Le 3 décembre, chez M. Abbatucci, rue Catimartin, no 3r, en présence du docteur Conneau et de Pietri, un Corse, né à Vezzani, nommé Jacques-François Criscelli, homme attaché au service personnel et secret de Louis Bonaparte, avait reçu de

YICTOll HUGO APRES IKO , Pietri l'olTrc de ri.ooo franc. « pour prendre °» ■ i.iim ,, 11 iivait accepté et dit :

",,! » j. lu" "eul. M». «•'»»»• •»»»» de " 1 ' *-

ra iio.ooo francs .

chose, no.™, tel es. 1. titre du chapitre j s. „c révélation. Quelque, pages plu. haut, . cite ce billet adressé à l'acteur Bocage :

Ion cher Bocage,

, W„ » six heu,.., .5.00» tan» out été promis à

Ll nrU.r:iit ou tuerait Hugo.

„ez où il et. Que bou. aucun prétexte .1 ne aorte.

An. Dumas.

, dos: Bocage, 18, rue Ca.sette •■ c! Alexandre Dumas lia caution n'est pas bour-

„e parut V Histoire «"»« crime, Adolphe Cramer ,.„.c qui était re.té l'ami du poète, voulut tilir cette chose »«<>«. H écrivit à ce sujet 1 [aupas, le préfet de police du Déni-Décembre, eut cette réponse :

Château de Vaux par Fouchères (Aube).

37 septembre 1878.

Mon cher ami,

- Hugo se flatte, en disant qu'on a mi, s. P™™" ;.„„„ f fr,nc, pour .. capture, c'en», beaucoup en tout

,'., ,1min,. l'iinln' Jo larfcl.fr. Je m" ^ I1IS reiur*.

-c" y V^r Hugo n'éuit nullement dangereux. Arrête, "e'^tvouîl'afermer, c'est qu'il se cachait très soi-

foire d'il» crime, t. II, p. 102- •(oirerfiw» crime, I. II, P- M-

LE DEIIX-

gneusement et ne se montrait nulle part où il pouvait fl un danger quelconque. Il s'est constamment tenu dans le d'organisateur à distance.

Tout à vous de cœur. De Maupas '.

Dans ses Mémoires, publiés en 1884, M. de Ma> ajoute ce qui suit : a Nous connaissions la demeur M. Victor Hugo; nous eussions pu le faire arrêter fois ;... nous n'avions nul intérêt à le faire, et c'et notre consentement qu'il a pu, comme M. de Gira et quelques autres idéologues, se livrer librement â agitations a . »

La vérité est évidemment dans ces lignes de M Maupas. Libre, Victor Hugo n'était pas plus dange que M. de Girardin, M. Crémieux, M. Jules Fi M. Michel de Bourges et autres émeutiers en cham Prisonnier, il eût été gênant. Assassiné, son sang marqué d'une tache ineffaçable le front du nouvel pereur. Sans doute, — et les Châtiments en font — Louis Bonaparte était à lui seul Mandrin , Cartou Schinderhannes, Poulailler, Poulmann, Papavoine, ta in g, M ingrat, Soufflard, Contrafatto, Laccnair Troppmann 8 . J'ai peine pourtant à me le represe faisant poignarder Victor Hugo par un spadas: comme cela se passe dans le Roi s'amuse:

Tout cousu dans un sac je vous le livrerai.

£017/5 BONAPARTE, lui donnant l'argent.

Bien. — A minuit I — J'aurai le reste de la somme *.

1. Souvenirs du second Empire, par Ad. Granier do Cassa; t. I, p. 261.

S. Mémoires sur le second Empire, par M. de Maupas, tl,p

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