‹ Victor Hugo après 1830 (volume 2)Chapitre 129 sur 138 · Se rapporte à la page 173 du tome I · texte numérisé non relu

Se rapporte à la page 173 du tome I

APPENDICE

est mort le 5 décembre 187.I Sa fille, M™ de Bella eut occasion de voir une dernière fois Victor Hug 1884. J'extrais d'une lettre de M™' Menncssier-ft à Victor Pavie les détails de celle entrevue.

Fontenay-aux-Roses, i5 octobre i885.

Je savais bien, par ce que j'ai ressenti moi-même, cruelle impression vous ferait éprouver le récit de la ] sinistre 1 » dont vous me parlez.

Quelqu'un qui m'aurait dit, il y a seulement trent qu'aucun do ce us qui fuit le sang de mon père dans les n'irait porter un dernier adieu à ce Victor tant aimé t admiré chez nous, je l'aurais cru atteint de ce mal qui 1 encore frappé qu'Eugène Hugo, et qui depuis s'est étenc toute la maison, sans épargner le plus grand.

Nous vivions absolument séparés, malgré lo lien tout sant^uî aurait dû y conduire plus particulièrement m Marie, la filleule du « Maitre », comme on l'appelait di triste Cénacle*. Jugez-en.

Un jour de l'année dernière, où ce maître si complet esclave recevait en présence de ses gardiens une amie ; que j'aime pour elle-même et aussi en souvenir de sor Alcide de Beauchesne (l'auteur d'un beau livre i Louis XVII), elle lui rappelait, comme les ayant appi celui auquel sa piété filiale a voué une sorte de culte, ques faits, quelques mois de l'ancienne intimité, bien pi sèment gardés dans sa mémoire. Alors lui, tout attei prenant sa tête entre ses mains, a murmuré : O mon j mon passé I J'appuie sur n murmurer », parce qu'un p( tard la visiteuse, sans penser à mal, s'étant permis de mer ta providence, (es chaises des surveillants se sor prochées, indiquant par là l'intention de mettre fin à doutablc entretien 3 ...

1, Les funérailles de Victor Hugo.

2. Sur les relations qui unissaient Victor Hugo a ( Nodier et à sa famille, voyez Victor llui/o avant 1830 t et xv, et Victor Bugo après 1830, t. J, chapitre 11.

a. Cartons de Vielor l'avie.

On vient de voir comment la fille de Charles Nodier, après Victor Pavie et en accord de sentiment avec lui, caractérisait les funérailles du poète. Sur ces obsèques de Victor Hugo, sur cette journée du I er juin i885, j'ai publié, il y a deux ou trois ans, dans un article sur Lamartine, quelques pages qui seront peut-être ici à leur place et que je demande au lecteur la permission de reproduire en finissant.

« Lamartine est mort à Passy le i er mars 1869, pauvre, oublié, dans l'ombre et le silence, — heureux pourtant, car il avait à son chevet des amis véritables, une nièce, ou plutôt une fille, digne de porter son nom, M me Valentine de Lamartine, un prêtre qui allait mériter bientôt les palmes du martyr, celui-ïà même qui avait reçu le dernier soupir de Chateaubriand, l'abbé Deguerry, curé de la Madeleine. Il mourait fidèle au Dieu de son berceau; il pressait sur ses lèvres ce crucifix qu'il avait célébré dans ses Méditations, en vers impérissables :

Au nom de cette mort, que ma faiblesse obtienne De rendre sur ton sein ce douloureux soupir : Quand mon heure viendra, souviens-toi de la tienne, toi qui sais mourir !

Je chercherai la place où sa bouche expirante Exhala sur tes pieds l'irrévocable adieu, Et son âme viendra guider mon âme errante Au sein du même Dieu.

Ah î puisse, puisse alors, sur ma funèbre couche. Triste et calme à la fois, comme un ange éploré, Une figure en deuil recueillir sur ma bouche L'héritage sacré * î

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