Archives delà Comédie-Française
2. Les deux autres rôles de femme, ceux de la comtesse Régina et d'Edwige, sa nourrice, furent confiés, le premier à M Uc Denain et le second à M"« Juliette. J'avertis les Saumaise futurs qu'il ne s'agit pas ici de M me Drouet, mais de M Ue Juliette
Bayard, engagée au Théâtre-Français le 6 décembre 1841, pour y tenir l'emploi des confidentes. Elle jour pour la première fois,
une dame du Verre d'Eau. Son engagement, qui expirait 31 mars 1843, ne fut pas renouvelé. (Achives de la* Comédie- Française.) Je dois ces renseignements à la gracieuse et inépuisable obligeance de M. Georges Mon val.
3. Procès de M 11 ' Maxime contre la Comédie-Française et M. Victor Hugo, plaidoirie de M e Philippe Dupin. {Gazette des Tribunaux du 8 mars 1843.)
très du boulevard. Victor Hugo tint bon et force fut bien de lui céder. M me Mclingue, ou plutôt, — pour lui laisser le nom qu'elle portait alors, — M lle Théodorme entra au Théâtre-Français pour y jouer Guanhumara.
Cependant M lle Maxime n'entendait point lâcher prise. Elle tenait à être octogénaire, — c'est une bonne fortune que Ton n'a pas tous les jours, — et elle assigna devant le tribunal de la Seine le théâtre et le poète 1 . Elle perdit son procès, le tribunal s'étant déclaré incompétent; mais grâce à une spirituelle plaidoirie de M e Philippe Dupin, elle eut pour elle les rieurs. Que feraient ses amis ? N'étaitil pas à craindre qu'ils ne troublassent la première représentation ? Victor Hugo n'était pas tranquille. Le commissaire royal fit appeler M lle Maxime dans son cabinet; elle y trouva le poète, qui lui témoigna ses appréhensions. La tragédienne le rassura, non sans le persifler un peu. « Monsieur, lui dit-elle, le jour de votre première représentation, je prierai mes amis connus et inconnus de rester chez eux, et s'ils en sortent, de prendre un certificat de leur commissaire de police, pour constater le lieu dans lequel ils auront passé la soirée. Êtes-vous content 2 ? »
Malgré ce bon billet, le poète ne laissait pas d'avoir de vives inquiétudes, d'autant qu'il n'ignorait pas à ce moment la réponse que venait de faire à M. Vacquerie et
1. Une caricature du Charivari représentait Victor Hugo poursuivi par une femme qui cherche a lui arracher le manuscrit des Burgraves. Au bas de cette lithographie, signée de Gh. Jacques, on lisait : Une tragédienne jouant une scène de haute comédie. — L'Auteur : Voulez-vous me lâcher, maudite Sorcière! — La Tragédienne : Non! Enfer et damnation! A moi les huissiei*s r les dossiers, les justiciers!... Mon rôle! mon rôle! Je veux mon rôle, même quand le public ne veut plus de la pièce. . . Plutôt la mort que la honte!... Cette MAXIME n'estpas neuve, mais elle est bien désolante.