‹ Victor Hugo après 1830 (volume 2)Chapitre 23 sur 138 · Sainte-Beuve, Chroniques parisiennes, p. dl · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, Chroniques parisiennes, p. dl

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introduisait. — «Mademoiselle s'est mariée aujourd'hui. » Ni mon frère ni aucun des habitués de la maison n'étaient avertis. Nous nous retirâmes un peu surpris de la discrétion qui avait présidé à ces noces 4 . »

Quelques jours auparavant, Victor Hugo avait écrit à M. Robelin, architecte du gouvernement et l'un des plus vieux amis du poète :

Mon cher M. Robelin, nous marions Léopoldine, mercredi prochain, 1 5 de ce mois. Il y a longtemps que nous vous aurions dit cela, mais vous échappez si bien qu'il est impossible de vous (saisir.

Vous concevez, cher Monsieur, que cette solennité qui se fera seulement entre amis ne peut se passer sans vous, vous, le meilleur des meilleurs 1 ce qui n'est pas peu dire. Vous avez assisté à la première communion de cette chère enfant, il faut que vous soyez de cette autre cérémonie.

Répondez-moi un mot. La messe se dira à neuf heures, dans l'église de Saint-Paul. Notre dîner comme d'habitude aura lieu à sept heures.

Votre dévoué et vieil ami.

V*e Victor Hugo.

Ce vendredi, io février.

M me Victor Hugo écrivait, de son côté :

Mon cher M. Robelin, Didine nous quitte, en effet, le jour de son mariage, pour aller habiter le Havre, mais elle ne se plaint pas, je vous assure, elle est heureuse. Soyons-le donc, tous, avec elle.

Nous comptons donc sur vous pour la messe et le dîner. Voici quelques détails touchant l'église. La messe se dira à neuf heures très précises. Vous demanderez à Saint-Paul, notre paroisse, la Chapelle du Catéchisme. C'est là où se célébrera le mariage. Nous serons dans le plus petit comité, une quinzaine de personnes.

Dites-moi, pouvez-vous nous prêter de l'argenterie pour le dîner ? Écrivez-moi ce que vous pourrez mettre à ma dispo-

1. Victor Pavie, sa jeunesse, ses relations littéraires, p. 244.

silion ce jour-là. Vous voyez, je ne me gênt

Vous savez notre misère de ce cùLc. Et nous

vinprt-quatre personnes au dîner.

Vous snvez que c'est mercredi prochain, i5 de c Répondez-moi le plus tût possible là-dessus, et

aurait de mieux, si cela se pouvait, serait que vom

A vous de cœur, cher ami.

Adèle Huoo.

Dimanche matin.

P. S. — Si vous aviez des couteaux, ils ne seraient pas de trop '.

Le mariage civil eut lieu le mardi i4 février. Les témoins de Léopoldiue étaient le peintre Louis Boulanger et M. Ahel Hugo, son oncle :

Abel était l'aîné, j'étais le plus petit '.

Le mercredi i5, on célébra le mariage religieux, dont acte fut dressé en ces termes :

1 . Ces deux lettres ont été publiées, dans te Figaro du 21 février 1891, par M. Henry Lapauze. D'après M. Lapauze, les services rendus par M. Kobelin à Victor Hugo auraient été nombreux et parfois très importants. Jls ne se seraient pas bornés, tant s'en faut, à un prêt d'argenterie. Un jour vint où, à son tour, il sollicita l'aille OU grand poêle, devenu plu-ieurs fois millionnaire. Victor Hugo répondil par un refus, prétextant ses propres embarras, qu'il était tenu do verger, plusieurs années durant, à la Banque nationale de Belgique, dont il était l'un des plus forts actionnaires, 67.000 francs par an et qu'il lui fallait prélever cette somme annuelle de 67.000 francs sur son revenu! Le

Sauvre homme! 1 « Vous voyez, ajoutait-il, que mes embarras, élasl valent bien les vôtres.. , Cher vieil ami, ne soufflez mot de tout cela, et PLAIGNEZ-MOI de ce 711e je suis si empêché et surtout de ce gueje ne puis vous venir en aide. — Votre hôtesse de l'an passé vous envoie sea [1.11a affectueux souvenirs, et moi je vous embrasse de tout intiu vieux nmer. Victor Hugo. » (Lettre du 1" mai.1873 ) - Celle lettre do 1873, une autre de 187*, adressée, également a M. Uolielin. « no sont peut-être pas absolument à l'honneur du très grand poète ». C est M. Lapauze qui écrit cela, non sans nirlanujlie. Qu'il se console : il en verra bien d'outrés!

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