‹ Victor Hugo après 1830 (volume 2)Chapitre 41 sur 138 · Voy., dans les Châtiments, la fin de V Expiation · texte numérisé non relu

Voy., dans les Châtiments, la fin de V Expiation

Pareils aux mots que vit resplendir Balthaiar, Deux mots dans l'ombre écrits flamboyaient sur César J Bonapaite, tremblant comme un enfant snns mèi-e, Leva m face pale et lut : Dix-huit Brumaire .'

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supportés par deux licornes, avec celte devise : B et Lex. A partir de ce moment, il signa : comte Cornet.

Etait-il parent de la mère de Victor Hugo ? La ch est possible, puisqu'il était né à Nantes, le ig ai 1750, et que M "•« Hugo, Sophie-Françoise Trébuel naquit dans la même ville, le 19 juin 1772. Je dois d cependant qu'aux Archives municipales de Nantes, : aucun des actes de baptême, de mariage ou de décès 1 Cornet ou des Cosson, — nom de la mère de Mathi Augustin Cornet, — il n'est fait mention des Trébuc ou des le Normand, — nom de la mère de Sophie-Fr; çoise Trébuchet. Ce silence ne permet guère de cr< qu'il ait existé entre les deux familles des liens parenté au degré de cousins germains. Je veux b admettre cependant, contre toute vraisemblance, ( M"" Hugo et le comte Cornet aient été parents, vc même cousins germains. Cela n'avancera pas beauco on va le voir, les affaires de l'héritier de pairie.

L'article 3 de l'ordonnance du 19 août i8i5, qui a' rendu la pairie héréditaire, prévoyait le cas où « la lii directe viendrait à manquer dans la tamilled'un pai Le 'roi se réservait alors d'autoriser la transmiss du titre dans la ligne collatérale qu'il lui plaira di'sin-iier.

Le 25 août 1817, nouvelle ordonnance portant q l'avenir nul ne pourra éti-e appelé à la Chambre pairs, les eccli'siasliques exceptés, s'il n'a, préalablcrr à sa nomination, obtenu du roi l'autorisation de fon un majorât, lequel ne pouvait être inférieur à îo.oot

de revenu net en immeubles. Les pairs nommés antérieurement au 25 août 1817, s'ils n'étaient pas soumis pour eux-mêmes à cette obligation, ne pouvaient rendre la dignité de pair héréditaire dans leur famille qu'à la condition d'instituer un majorât au profit du bénéficiaire. Il aurait donc fallu que le comte Cornet commençât par former au profit de Victor Hugo un majorât de 10.000 francs de revenu net. A-t-il jamais eu cette intention ? C'est ce que l'on n'a pas osé dire. Eût-il été prêt à payer d'un si haut prix l'honneur de servir de parrain au jeune Victor-Marie Hugo, restait à obtenir l'autorisation du roi, laquelle ne s'accordait que très rarement et à titre tout à fait exceptionnel. De i8i5à i83o, il n'y a eu transmission de pairie que dans les cas suivants :

12 septembre 181 7, transmission du titre et de la pairie de l'abbé de Montesquiou au vicomte de Montesquiou-Fézensac, son neveu.

i5 mai 18 18, transmission des titres et de la pairie du duc de Choiseul au marquis de Marmier, son gendre.

21 décembre 1825, transmission de la pairie du duc de Duras au duc de Rauzan, son gendre; — de celle du maréchal Moncey, duc de Conegliano,àM. Duchesne de Gillevoisin, baron de Conegliano, son gendre; — de celle du duc de Durfort à M. Etienne de Béarn, son pet it-Jils, issu de sa fille; — de celle du marquis d'Aligre à M. Pomereu d'Aligre, son petit-fils, issu de sa fille.

En tout, six transmissions de pairie en quinze ans, et toutes, sauf le cas particulier de l'abbé de Montesquiou, en faveur d'un gendre ou d'un pet it-fds. Le comte Cornet 11 'avait-il donc, à défaut de fils, ni fille ni gendre ? Était-ce un vieux célibataire, plus malheureux encore que M. Dubriage, et n'ayant pas même un neveu à qui

laisser son héritage? Point du tout; il était marié et père de famille. Il avait un gendre, et dès lors le roi luimême n'aurait pas pu, en eût-il eu la volonté, user, au profit d'un parent au cinquième ou sixième degTé, de l'article 3 de l'ordonnance du 19 août i8i5, cet article ne permettant au roi d'autoriser la transmission à un collatéral qu'autant que la ligne directe manquerait dans la famille du pair ; qu'autant que ce dernier n'aurait ni fils, ni gendre, ni petit-fils.

Un dernier mot. Le comte de Cornet était si éloigné de vouloir transmettre sa pairie au jeune Victor Hugo,

— ce que ni lui ni le roi n'auraient pu faire, nous venons de l'établir, — que son désir le plus vif, son rêve le plus chèrement caressé, était de voir son gendre lui succéder dans tous ses titres. Et de cela j'ai pour garant un témoin irrécusable, le Moniteur lui-même. Dans la séance de la Chambre des pairs du 12 décembre i832> un des collègues de Cornet, le comte Lemercier, prononça son éloge, où je relève ce passage :

Entièrement dévoué à la monarchie constitutionnelle de Juillet, il lui a fallu faire le sacrifice patriotique de la pairie qu'il avait eu l'espoir de transmettre à un gendre estimable, issu d'une famille parlementaire. Cet acte de dévouement lui parut commandé par la nécessité du moment 1 ...

Et maintenant, de Victor Hugo, entrant à vingt et un ans, à la Chambre des pairs, comme Georges-Gordon Byron était entré, à vingt et un ans, à la Chambre des lords ; — de ses stations de cinq heures dans le coin réservé, derrière la «grosse corde dorée », sous le feu des regards des belles dames qui garnissaient les tribunes,

— en un temps où les séances de la Chambre des pairs

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