‹ Victor Hugo après 1830 (volume 2)Chapitre 54 sur 138 · Billets d'enterrements. (Note de La Bruyère · texte numérisé non relu

Billets d'enterrements. (Note de La Bruyère

les héritiers ? Les supprimera-t-il aux yeox de toute une ville jalouse, maligne, clairvoyante, et aux dépens de mille gens qui veulent absolument aller tenir leur rang à des obsèques î Veut-on d'ailleurs qu'il fasse de son père un noble homme et peut-être un honorable homme, lui qui est messire * ? »

Reste l'argument tiré de l'acte de baptême de Jean- Louis Trébuchet, où le nom de le Normand s'agTémente de celui de du Buisson. Pour piquant qu'il soit, l'argument n'est guère solide. Nul n'ignore qu'au dix-huitième siècle c'était un usage commun, dans les familles bourgeoises, presque toutes très nombreuses, de joindre au nom paternel un second nom, afin de se distinguer des autres membres de la famille. C'est ainsi, par exemple, que le bon Collin, l'auteur du Vieux célibataire , profita de ce que son père possédait quelques arpents dans un canton appelé Harleville pour ajouter ce dernier nom au sien. C'est ainsi encore qu'on lit dans les Méthûires de Brissot, dont le père exerçait à Chartres la modeste profession de traiteur-rôtisseur :

Né le treizième enfant de ma famille, je portais, pour être distingué de mes frères, suivant l'usage de la Beauce, le nom d'un village où mon père possédait quelques terres. Ce village s'appelait Oaaruille *, et Ouarville fut le nom sous lequel j'ai été constamment connu dans mon pays ; ainsi mon troisième frère fut appelé Thivars; ainsi Pétion, mon compatriote et mon malheureux ami, était appelé Villeneuve; ainsi cent membut du tiers-état de l'Assemblée constituante portaient des surnoms comme nous, et, pas plus que nous sans doute, ne songeaient à s'en faire des titres à la noblesse 3 .

1. Caractères de La Bruyère, édition des Grandi écrivains de la France, par M. Ad. Régnier, 1. 1, p. 252. Voy. la note de l'èdi-

g. A 4 kilomètres de Chartres.

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