Je dois la communication de cette lettre à M. Charles de
L'affaire fut plaidée le 20 juillet i84i. Assisté, cette fois encore, de M e Paillard de Villeneuve, le poète défendit lui-même sa cause. Il le fit avec beaucoup de modération. Son droit était incontestable. Le tribunal reconnut le bien fondé de sa plainte, et, dans son audience du 4 août, condamna le prévenu à une amende ; « ordonna la confiscation du poème de Lucrèce Borgia, opéra en quatre actes et en langue française ; fit défense à Etienne Monnier et à Bernard Latte de plus à l'avenir publier ou vendre ledit ouvrage 1 . »
Un jour, aux Roches, à la table de M. Bertin, Castil- Blaze avait raconté devant Victor Hugo comment certains libretti, dont les vers étaient de sa façon, — Don Juan, le Barbier de Sévi lie, la Pie voleuse, Bobin des Bois, — avaient été pour lui une mine d'or. Chacun des vers de Bobin des Bois, en particulier, lui avait rapporté... mille écus.
« Oui, disait-il, mille écus, » et il chantait en comptant sur ses doigts.
Chasseur diligent... Mille écus!
Quelle ardeur te dévore... Mille écus!
Tu pars dés l'aurore... Mille écus!
Toujours content!... Mille écus!
Il chantait ainsi jusqu'au refrain : Trou t trou ! la laf la la t la la!
— « Au moins, celui-là, ce trou la la, vous l'avez donné par-dessus le marché !
Lacombe, qui prépare une Vie de Berryer, dont les premiers chapitres ont été publiés dans le Correspondant. Nous sera-t-il permis d'exprimer ici le vœu que la suite et le complément de ce grand et beau travail ne tardent pas trop à paraître? 4. Gazette des Tribunaux, 5 août 1841,
— ce Jamais de la vie ! reprenait-il. Trou la la... mille écus I »
Puis, se tournant vers Victor Hugo, qui riait :
« Faites-en autant et je vous reconnaîtrai pour mon