‹ Victor Hugo après 1830 (volume 2)Chapitre 63 sur 138 · V Organisation du travail, n* 1, 3 juin · texte numérisé non relu

V Organisation du travail, n* 1, 3 juin

trât en France. La Chambre me Ta refusé, la Providence me Va accordé i . »

Victor Hugo prit séance à l'Assemblée nationale le i3 juin. Dès le 20 juin, il montait à la tribune. On discutait la question des ateliers nationaux. Ils avaient fourni un nombreux contingent à l'émeute dans la journée du i5 mai. Leur dissolution immédiate était réclamée par l'immense majorité de l'Assemblée, et si elle ne fut pas décrétée brusquement et d'urgence, on le dut surtout à M. de Falloux. « Ne fermons pas, disait-il dans la séance du 3o mai, ne fermons pas une porte à l'oisiveté sans en ouvrir deux au travail; » le 19 juin, il proposa d'allouer aux ateliers nationaux une allocation de 3 millions et de continuer les pouvoirs de la commission de quinze membres qui avait été chargée de l'examen de ce crédit *. Victor Hugo appuya les propositions de M. de Falloux. Très déclamatoire dans la forme, son discours fut, au fond, très conservateur :

Nous connaissions déjà, dit-il, le désœuvré de l'opulence, vous avez créé le désœuvré de la misère, cent fois plus dangereux pour lui-même et pour autrui. La monarchie avait les oisifs, la république aura les fainéants.

Non, je ne crois pas, je ne puis croire, — et je le dis en toute sincérité, — que cette pensée monstrueuse ait pu germer dans la tête de qui que ce soit, encore moins d'un ou de plusieurs de nos gouvernants, de créer dans la ville la plus civilisée du monde, avec les éléments admirables dont se compose la population ouvrière, des prétoriens de Pémeute au service de la dictature ! A mon sens, le pouvoir révolutionnaire s'est mépris... On a fait monter la misère ! Prenez garde, deux fléaux sont là à votre porte ; deux monstres attendent et rugissent là dans les ténèbres, derrière nous et derrière vous : la

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