‹ Victor Hugo après 1830 (volume 2)Chapitre 73 sur 138 · L'Evénement des 31 juillet, i" et 3 août · texte numérisé non relu

L'Evénement des 31 juillet, i" et 3 août

M. Victor Hugo est entièrement ctranf; l'Evénement et n'y prend aucune pari, Nous jvons en littérature et en politique iivcr Victor Hugo, nous acceptons pleinen fession de foi, celle qu'il a adressée aux é. qui lui a valu 87.000 suffrages; mais, :

demeure irresponsable vis-à-vis de nous.

En tête du numéro du 8 août se '.

vante :

Monsieur,

Trouvez bon que je vous remercie d'av lancinent déclarer que je suis absolument ment, et que je n'y prends aucune part, di ne comprends pas le journalisme autre ferai un journal, je le signerai.

Quant à présent, tout mon temps est r et par les travaux qu'elle impose aux repi

Je compte parmi vos collaborateurs plu leurs et de mes plus chers amis; mais il vous-même, avec quel soin scrupuleux abstenu de tout ce qui pourrait ressemhle mon opinion sur la leur. Au temps o; devoir a deux formes : l'isolement et le déi danee de toute responsabilité extérieure nécessaire à l'homme public livré aux lu qui n'exclut pas la solidarité de tous les ennemis de l'ordre social. Ce que vous fa le fais du mien. A chacun sa règle, à cha

Nous devons nous entr'aider dans nos j dans nos consciences. Nous avons tout à à combattre et tant de choses à juger ! V.

à comprendre que, comme juge des événi et des idées, commis par le peuple à la p lions, je dois rester dans ma solitude.

Voyez en moi, du reste, Monsieur, un plus sympathiques. J'applaudis du fond c efforts que le succès couronnera certaine l'anarchie, aimez le peuple, tout est là. I

quand le malentendu des doctrines et des systèmes aura cessé, la haine finira. Il ne restera plus que l'amour. Ce jour-là, le problème sera résolu, l'envie s'en ira du cœur du pauvre et l'égoïsme du cœur du riche; nous ne serons plus seulement des citoyens, nous serons des frères.

Agréez, je vous prie, l'assurance cordiale de ma considération la plus distinguée.

Cette lettre et la note qui l'avait précédée ne trompèrent personne : le poète était bien réellement l'inspirateur du journal de MM. Meurice et Vacquerie. Pas un jour, pas une heure, l'Événement ne cessa de suivre Victor Hugo, comme l'ombre suit le corps. Un de ses premiers rédacteurs, Alphonse Karr, a dit dans ses Mémoires :

Hugo créa, avec ses deux fils, Auguste Vacquerie, le frère de son gendre mort, Paul Meurice et quelques autres, tous ou presque tous jeunes gens d'esprit et de talent, un journal appelé l'Événement. Victor Hugo n'écrivait pas ostensiblement dans ce journal, mais il l'inspirait et le dirigeait, tout en laissant sur beaucoup de points la bride sur le cou à ses jeunes associés... De temps en temps, on reconnaissait l'ongle à sa griffe, ex ungue leonem, comme Victor Hugo le dit lui-même dans une de ses lettres 2 ...

A l'époque où fut fondé V Evénement, Victor Hugo n'était pas républicain; il ne devait le devenir qu'un an plus tard, nous verrons dans quelles circonstances et pour quels motifs. « En i848, écrivait-il un jour à Alphonse Karr, je n'étais que libéral ; c'est en i84g que je suis devenu républicain 3 . David d'Angers, — un

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