AUX ASSASSINS, LA PATRIE RECONNAISSANTE I
Le matin du 10 décembre, cet appel se lisait en tète du journal de Victor Hugo :
Que le peuple de Paris, que le peuple des campagnes rote avec le calme qui convient à la force I qu'il surveille et qu'il agisse 1 II est un nom qui résume tous les souvenirs du passé, toutes les espérances de l'avenir; c'est le nom de l'hommt
l. L'Evénement du 20 novembre 1843.
que le peuple a le plus aimé et qui a le plu* aimi lep c'est le nom de NAPOLÉON. Quand le peuple écrit c il fait plus que d'écrire, il signe I
11 signe son bonheur, son bien-être, sa gTandeur ! Na disait à ses soldats en face des pyramides : « Du haut pyramides, quarante siècles vous contemplent ! »
Nous disons au peuple, en face de la colonne : « Du l ce monument, la gloire vous conseille 1 »
Ecoulez-la !
Le i5 décembre i84o, le jour du retour des ci de l'empereur, Victor Hugo avait écrit ;
Ciel glacé! soleil pur! oh! brille dans l'histoire!...
Le 10 décembre 1848, sous le titre le Soleil jourd'hui, son journal écrivait :
Quand la Providence veut qu'un de ces jours-là (jo soleil) aoit précisément consacré à un grand acte pol remercions-la ; car elle tourne alors les esprits vers li venirs glorieux... Aujourd'hui, dussent les sceptiques a Taise, nous, les enfants et le peuple, nous voyou cette magnifique journée quelque chose de providenl soleil se souvient que Napoléon l'a illustré ' /
Louis Bonaparte fut élu par 5.334-226 voix. Le rai Cavaignac, qui n'avait obtenu que 1.448. 107 s ges, descendit du pouvoir : l'événement n'avs trompé les prévisions du poète. Dix jours pins le jeudi 21 décembre, il fut invité à dfner chez le teur Pradier. Le général Cavaignac, ami du maît la maison, était au nombre des convives, ainsi c douzaine d'artistes et d'hommes de lettres, parn quels Alphonse Karr. Le dfner n'avait rien de poli A peine arrivé, cependant, Victor Hugo, s'adossai cheminée, entonna un chant de triomphe sur le r(
i. L'Evénement du 11 décembre 1S48,
ISO VICTOR HUGO A1*B
de l'élection présidentielle. On se tion, on chuchota ; Pradicr était bre. Victor Hugo ne voyait rien, n iiouait son dithyrambe.
— Messieurs et amis, dit tout à une motion I convenons de ne pas par égard... pour les vainqueurs.
On rit, la glace était rompue ; compromis, se termina le plus ga
« Assurément, si, après l'ùlccti membre de l'Assemblée nationale testâmes à Faire partie du cabinel tait M. Victor Hugo. » Rien de pi d'Emile de Girardin dans la Pr Ces titres de Victor Hugo, Louisconnaissait point, et il était très d portefeuille. M. deFalloux le raj 17 juillet i85i, dans une courte r le poète avait longuement injurié
Quant à M. le Président de la Ré
l'honneur d'être ministre de son gou lais honneur partout et en toutes < Hugo me permettra, à ce titre, de h où il en parlait avec des termes si pri de nous se rappelait que, pendant Ioj sident de la République, le nom 1 Hugo circulait sur une foule de listes mations à gauche. Agitation prolo,
A droite.Ccst parfaitement vrai !
M. de Rességuier. Hélait dans le;
i. Alphonse Karr, le Livre de bord,
M. de Mohny. Il fait ce métier-là depuis trente ans !
M. de Heeckeren. Je l'aivu, je l'ai entendu !
M de Falloux. Il figurait sur ces listes pour le ministère de l'instruction publique, ce dont personne ne s'étonnait, d'abord à cause de certaines compétences personnelles que nul ne conteste à M. Victor Hugo ; ensuite, parce que rien dans son langage ni dans ses votes, à cette époque, ne pouvait faire qu'on s'étonnât de le rencontrer sur cette liste.
M. Legros-Devaux. Ni à l'Elysée. (Rires bruyants à droite 1 .)
Victor Hugo était présent. Il ne protesta pas. Le lendemain il apporta à la tribune une réponse laborieusement préparée ; elle est muette sur cette partie du discours de M. de Falloux.
Toutes les fois qu'il avait été question de l'entrée de Victor Hugo au ministère, la bonne volonté du Président était venue se briser contre un obstacle invincible, la résistance de tous les autres membres du cabinet, se refusant opiniâtrement à l'accepter pour collègue.
Sachant qu'il avait pour lui le prince-président, convaincu que ce dernier, un peu plus tôt, un peu plus tard, trouverait l'occasion de récompenser ses services, Victor Hugo resta dans le camp du neveu de l'empereur et continua de voter avec la droite.
Le 2 janvier 1849, il vote un crédit applicable à un supplément de traitement de l'archevêque de Bourges, élevé au cardinalat 2 .
Le 4> il repousse une interpellation des députés de la gauche, attaquant M. de Falloux pour avoir institué près de lui des commissions chargées de préparer une loi sur l'instruction primaire et une loi sur l'instruction secondaire 3 .