‹ Victor Hugo après 1830 (volume 2)Chapitre 84 sur 138 · L'Evénement du 2 mars · texte numérisé non relu

L'Evénement du 2 mars

LE DIX DÊGEMBBE 157

venté l'unité française, la civilisation, la centralisation, ni la France. C'est un héritage de la monarchie, après tout y que la France. (Exclamations à gauche. A V ordre ! A l'ordre !) , Chaque institution a eu son jour d'utilité et quelquefois son heure de gloire ; la monarchie a eu des siècles de durée. C'est elle qui a composé, pièce à pièce, la France telle qu'elle est, avec une persévérance que la puissance traditionnelle peut seule donner. Il y avait beaucoup de féodalité dans la monarchie de Louis XIV. Messieurs, sachons aussi, à notre tour, laisser beaucoup de choses de la monarchie dans notre république, si nous voulons qu'elle pénètre dans l'esprit et dans le cœur de nos concitoyens *... » Tandis qu'à gauche des exclamations violentes, des cris furieux accueillaient cet éloge de la monarchie, sur les bancs de la droite, une voix s'écria : Mais c'est de l'histoire ; voulez-vous la supprimer 2 ? C'était la voix de Victor Hugo. Ce n'était qu'une interruption ; mais plus qu'un long discours, elle disait bien haut dans quel camp siégeait alors le poète.

Un membre de la droite, M. Deslongrais, dépose une proposition tendant à faire allouer au prince-président une somme de 600,000 francs par an à titre de frais de représentation. Victor Hugo vote pour 3 .

Le projet de loi sur les clubs, présenté par Léon Faucher le 26 janvier, vient en discussion le 21 mars. L'article premier portant : Les clubs sont interdits, est adopté par4o5 voix contre 3o3. Parmi les membres qui ont voté cette interdiction se trouve Victor Hugo 4 .

S'il est partisan de la liberté de la presse, comme le

Page 1