Moniteur du 3 iiuii
100 VICTOR HUGO APRKS 1830
prince, m^h parce que prince, — l'infinie minorité recueillie à g-rand'peine par le g-énéral Cavaig-nac etparLedru-Rollin *, indiquaient, avec une clarté et une force irrésistibles, que le pays s'éloignait de la République et revenait à des idées d'ordre, de tradition et d'autorité. Que les prochaines élections lég-islatives dussent être antirépublicaines, cela ne faisait doute pour personne. Dès lors le rôle de chacun était tout tracé. Les républicains devaient vouloir que l'Assemblée constituante, — qui avait été pour eux une autre Chambre introuvable, — prolongeât son existence le plus longtemps possible. Les adversaires de la République devaient vouloir la séparation de l'Assemblée à bref délai. On pouvait mesurer l'ardeur antirépublicaine de ces derniers à l'ardeur même qu'ils mettaient à réclamer la dissolution. Nul ne la poursuivit avec plus de passion que Victor Hug-o.
Dès le 28décembre i848, un représentant, M. Râteau 2. avait déposé une proposition portant que les élections pour la nomination des membres de l'Assemblée législative auraient lieu le 4 mars 1849. Le comité de lég-islafion, appelé à donner son avis sur la prise en considération, se prononça pour le rejet par l'organe de son rapporteur, j\L Grévy. La discussion s'ouvrit le 12 janvier. Au moment du vote, plusieurs membres de la droite, parmi lesquels Victor Hugo, demandèrent le scrutin de division -K 4oo voix contre 3(jG se prononcèrent pour la prise en considération.
La proposition fut par suite renvoyée aux bureaux ; dans le sien, le i5 janvier, Victor Hug-o posa ainsi la (piestion : Il y a d'un côté l'Assemblée, qui a vécu presque
d. Lodru-Rollin n'av.iit en ([ue 370.11!) voix.