Monileur du 12 mai
sident, par les ministres et les représentants du peuple, et en particulier par Victor Hugo. Le 3 juin, deux colonnes, sous le commandement du g-éncral Reçnaud de Saint-Jean d'Ang-ély, enlevèrent la villa Pamfili, dont les Romains avaient fait une sorte de camp retranché. A partir du 5 juin, des travaux d'approche, l'établissement des batteries, le tir en brèche, en un mot, toutes les phases d'un sièg-e méthodique, se succédèrent sans autre incident que deux sorties infructueuses, exécutées par les assiégés.
Ledru-Rollin, rendons-lui cette justice, était toujours sur la brèche. Le ii juin, il remontait à la tribune pour interpeller de nouveau le cabinet sur les atTaires romaines. Il termina en déposant sur le bureau une demande d'accusation contre le ministère. Cette demande fut repoussée, dans la séance du 12, par une majorité de 877 voix. Victor Hugo en faisait partie *.
Ainsi, au mois de juin 1849, ^ l'époque même où il prétend s'être séparé de la majorité, il continuait de lui appartenir. C'est à un autre moment, nous le verrons tout à l'heure, qu'il a déserté ses rangs; et s'il s'est éloigné d'elle, ce n'est point parce qu'elle avait commis le crime de terrasser Rome an nom de la France. Si ce fut un crime, est-ce qu'il n'en avait pas été le complice? Si cette majorité, qu'il qualifie d'hypocrite, a voulu l'expédition de Rome, il la voulue comme elle ; si elle a ordonné à nos troupes de mettre le siège devant Rome, il l'a ordonné comme elle; si elle a soutenu, approuvé les ministres qui ont prescrit au général Oudinot de terrasser Rome, il les a soutenus, approuvés comme elle.