Moniteur du 18 juillet 18i
LE DECX-DEGEMBRE 221
tion de mon père au service de la cause qu'il défendait ici. Je le répète, les considérations individuelles de personnes doivent s'effacer devant les nécessités d'un discours politique. Ainsi donc, ce n'est pas au nom de la douleur de ma famille que je le sollicite, c'est au nom du pays qui ne peut rien g-ag-ner aux agitations de cette Assemblée, que je le prie de nous épargner à tous, à l'avenir, de rappeler d'aussi pénibles souvenirs*. »
Au milieu de l'émotion g-énérale, Victor Hug"o demande la parole. Il a des explications à fournir. Il insiste. Comme la veille, l'Assemblée refuse de l'écouter. Après un discours de M. Baroche, qui prend directement à partie le poète 2, celui-ci peut enfin dire quelques mots. « M. Victor Hugo a parlé dix minutes à peine pour un fait personnel, écrivait r Evénement au sortir de la séance: il a été interrompu vingt-deux fois par la droite, d'après /(' Moniteur. La dernière interruption a été faite par cinq cents voix'^ »
446 représentants votèrent pour la revision, 278 contre *. La Constitution exigeant, pour ce cas spécial, les trois quarts des suffrag-es exprimés, la proposition ne fut pas adoptée. Ce résultat pouvait consoler Victor Hug-o des affronts qu'il venait de subir. Puisque Louis-