‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 137 sur 159 · Séance du l'.i juillet llSol {.Moniteur du 20 juillet · texte numérisé non relu

Séance du l'.i juillet llSol {.Moniteur du 20 juillet

Napoléon restait inélig-lble, le poète n'avait-il pas les plus grandes chances de le remplacer à l'Elysée au mois de mai i852 ? Les colères mêmes de la droite ne le désig-naient-elles pas aux suffra£»'es de tous les républicains? L'heure si longtemps attendue était proche; il touchait au but si patiemment poursuivi, si passionnément désiré:

Comme un aigle arrivé sur une liaute cime, Il criait tout joyeux avec un air sublime : — L'avenir! l'avenir! l'avenir est à moi !

Le Deux-Décembre le réveilla de son rêve.

Il a écrit l'histoire du coup d'Etat de Louis Bonaparte et il a donné pour titre à son livre : Histoire d'un crime *. Eh ! oui, sans doute, le 2 Décembre fut un crime; mais s'il a réussi, est-ce que Victor Hugo n'a pas été pour beaucoup dans son succès? N'avait-il pas, de i83oà 1848, célébré avec enthousiasme les g-randeurs de l'Empire? N'avait-il pas dressé des autels à Napoléon et chanté le Retour de V Empereur"? En 1848, n'avait-il pas béni la Providence, qui rendait enfin les Bonapai'tes à ses vœux? Au 10 décembre, n'avait-il pas été le plus ai^dent champion de la candidature napoléonienne? Oui plus que lui, depuis deux ans, avait travaillé à rendre odieuse et impopulaire l'Assemblée nationale, seul obstacle aux desseins de Louis-Napoléon? Et en même temps, par ses déclamations et ses excès de lang-ag-e, ne lui avait-il pas rendu le service d'effrayer le pays, de le disposer à se jeter dans les bras d'un sauveur? Victor Hugo a été, en réalité, un des principaux artisans du coup d'Etat : c'est là un

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