Histoire dun crime, l. II, p
^neuseincnt et ne se montrait nulle part où 11 pouvait flairer un dani>'er quelconque. Il s'est ronstaninient tenu dans le rôle il'orq-anisateur à distance.
Tout à vous de cœur. De Macpas '.
Dans ses Mémoires, publiés en i884, M. de Maupas ajoute ce qui suit : « Nous connaissions la demeure de ^I. Victor Hug-o ; nous eussions pu le faire arrêter dix fois;... nous n'avions nul intérêt à le faire, et c'est de notre consentement qu'il a pu, comme M. de Girardin et quelques autres idéolog-ues, se livrer librement à ses agitations 2. »
La vérité est évidemment dans ces lig-nes de M. de Maupas. Libre, Victor Hu2;-o n'était pas plus dangereux que M. de Girardin, M. Crémienx, M. Jules Favre, yi. Michel de Bourg-es et autres émeutiers en chambre. Prisonnier, il eût été gênant. Assassiné, son sang- eût marqué d'une tache ineffaçable le front du nouvel empereur. Sans doute, — et les Châtiments en font foi, — Louis Bonaparte était à lui seul Mandrin, Cartouche, Schinderhannes, Poulailler, Poulmann, Papavoine, Castaing-, Ming-rat, Soufflard, Contrafatto, Lacenaire et Troppmann 3. J'ai peine pourtant à me le représenter faisant poig-narder Victor Hug-o par un spadassin , comme cela se passe dans le Roi s'amuse:
CRISCELLf.
A votre gré.
Tout cousu dans un sac je vous le livrerai.
LOUIS BONAPARTE, lui donnant l'argent. Bien. — A minuit ! — J'aurai le reste de la somme *.
1. Souvenirs du second Empire, par Ad. Granier de Gassagnac, t. I, p. 261.
2. Mémoires sur le second Empire, par M. de Maupas, t. I,p.740^