‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 15 sur 159 · Archives de la Comédie-Française · texte numérisé non relu

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2. Les deux autres rôles de fenuiie, ceux de la comtesse Régina et d'Edwige, sa nourrice, furent confiés, le premier à M"° Denain et le second à JM"* Juliette. J'avertis les Saumaise futurs qu'il ne s'agit pas ici do M"" Drouet, mais de M"° Juliette Hayard. engagée au "Théâtre-Français le 6 décembre 1841, pour y tenir l'emploi des confidentes. Elle jour pour la première fois, sans annonce de début, le 19 avril 1842, Panope de Phèdre, à côté de Rachel, puis Géphise d'Andromacjue. OEgine (Vlpliigénie , Taïse d'Adélaïde Du Gueselin, Lucrèce de r Amour médecin, et une dame du Verre d'Eau. Son engagement, qui expirait 31 mars 1843, ne fut pas renouvelé. (Achives de la Comédie- Française.) Je dois ces renseignements à la gracieuse et inépuisable obligeance de M. Georges Monval.

Z. Procès de M"* Maxime contre la Comédie-Française et M. Victor Hugo, plaidoirie de M" Philippe Dupin. {Gazette des Tribunaux du 8 mars 1843.)

très du lioulevard. Victor Hug-o tint bon et force fut bien de lui céder. M™^ Meling-ue, ou plutôt, — pour lui laisser le nom qu'elle portait alors, — M"" Théodorine entra au Ïliéàtre-Français pour y jouer Guanhumara.

Cependant M"e Maxime n'entendait point lâcher prise. Elle tenait à être octog-énaire, — c'est une bonne fortune que l'on n'a pas tous les jours, — et elle assigna devant le tribunal de la Seine le théâtre et le poète*. Elle perdit son procès-, le tribunal s'étant déclaré incompétent ; mais grâce à une spirituelle plaidoirie de M^ Philippe Dupin, elle eut pour elle les rieurs. Que feraient ses amis ? Xétaitîl pas à craindre qu'ils ne troublassent la première représentation ? Victor Hug-o n'était pas tranquille. Le commissaire royal fit appeler M"e Maxime dans son cabinet ; elle y trouva le poète, ({ui lui témoigna ses appréhensions. La tragédienne le rassura, non sans le persifler un peu. « Monsieur, lui dit-elle, le jour de votre première représentation, je prierai mes amis connus et inconnus de rester chez eux, et s'ils en sortent, de prendre un certificat de leur commissaire de police, pour constater le lieu dans lequel ils auront passé la soirée. Etes- vous content - ? »

Malgré ce bon billet, le poète ne laissait pas d'avoir de vives inquiétudes, d'autant qu'il n'ignorait pas à ce moment la réponse que venait de faire à M. Vacquerie et

1. Une caricature du Charivari représentait Victor Hugo poursuivi par une femme qui clierche à lui arraclier le manuscrit des liiiir/raies. Au bas de celte lit]io,iîra])liie, signée de Gh. Jacques, on lisail : Une tragédienne jouant une scène de haute comédie. — L'Auteur : Voulez-vous me lâcher^ maudite Sorcière! — La Tragédienne : Non! Enfer et damnation! A moi les huissiers, les dossiei's, les justiciers !... Mon rôle! mon rôle! Je veux mon rôle, tncme quand le public ne veut plus de la pièce. . . Plutôt lu mort que la hunle!. .. Celle MAXIME n'est pas neuve, mais elle est bien désolante.

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