Le Courrier des théâtres, G mars
à .M. ^leiuice le peintre Gélestin Nanteail, celui qui avait amené aux prer7iières cVHernani et du Boi s'armise. de Lucrèce Borgia et de Marie Tador, les bandes les plus nombreuses, les méroving-iens les plus chevelus, les bousingots les plus déterminés. MM. Meurice et Yacquerie étaient allés lui demander trois cents jeunes gens, « trois cents Spartiates déterminés à vaincre ou à mourir plutôt que de laisser franchir les Thermopyles à l'armée barbare ». Secouant sa longue chevelure et s'adressant à M. Aug-uste Vacquerie, qui avait porté la parole: « Jeune homme, avait répondu Gélestin Nanteuil, allez dire à votre Maître qu'il n'y a plus de jeunesse ! Je ne puis fournir les trois cents jeunes g-ens*. »
La première représentation eut lieu le mardi 7 mars. On lit surle Bulletin joui'nalier delà Comédie-Française : Les bureaux n'ont pas été ouverts'^. A l'exception des log-es louées au jour et des stalles de balcon, d'orchestre et de première g-alerie, dont un certain nombre avaient ég-alement été louées, ce qui donna une recette de 1999 fr- 4o, le reste de la salle avait été entièrement réservé aux amis de l'auteur. Après cela, en empêchant qu'un seul billet fût délivré aux bureaux, peut-être Victor Hugo se proposait-il uniquement de jouer un mauvais tour à Boileau et de faire mentir son vers :
C'est un droit qu'à la porte ou achète en entrant.
Malgré le talent de Beauvallet, de GetTroj et de Lig-ier, la pièce ne réussit pas. Le registre du théâtre porte cette mention : Succès contesté 3.