‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 150 sur 159 · Choses vues, p · texte numérisé non relu

Choses vues, p

2. Sainte-Beuve venait de ])iiblier, dans le Journal des Débals (11 novembre, 2 et 16 déceinhro ISitJj. trois articles sur Théocrite, recueillis depuis au tome 111 de ses Portraits littéraires.

ment les noms de Béranger, d'Alfred de Musset et de Lamenjiais^.WoWk qui prouve, cher Pavie, que la jeunesse n'est pas morte dans nos cœurs. On va tâcher maintenant que Musset se glisse à travers les deux champions et fasse coin entre deux 2. On verra au dernier moment s'il en faut passer absolument par Le Clerc, mais au moins ce ne sera pas sans marchander et sans s'assurer une compensation pour la fois suivante. Vous voyez donc par là que, sans être bien unis, nous ne nous nuisons pas à l'Académie; il y a des accords qui subsistent (indépendamment de toute récente relation) entre gens du même Age, du même nid et de la même couvée. On sent de même sur une foule de points, quoi qu'on en aie, et il faudrait bien de l'effort pour s'empêcher d'agir dans le même sens.

L'autre jour encore, j'ai diné chez M. de Salvandy ^, à côté de M. Ingres : je me suis mis du côté de sa bonne oreille (il est sourd de l'autre), et je l'ai fait causer, durant tout un long dîner ministériel, de Rome, de la Grèce, de la peinture d'Apelles et de toutes ces choses dont il parle comme un maître à la fois et comme un enfant.

Voici mes nouvelles, cher Pavie, elles répondent à votre Eschyle. Venez-nous avec le printemps, — non sans madame Pavie; venez-nous au complet, non sine Jlstula, comme dit

1. « 11 faut tout dire : C'est moi qui ai écrit Béranrjer et Musset, mais il y en a eu un autre qui s'est mis en train et qui a o-'<é Lanienn;iis. » Note de Sainte-Beuve.

2. Alfred de Musset pouvait être le candidat do Sainte-Beuve, il n'était pas celui de Victor Hugo. Musset s'était permis de rire du Maître: le crime était impardonnable, on le lui lit bien voir. Dans Profils et Griinaces, M. Auguste Vacquerie n'a pas consacré moins de cinquante pages à Véreinteriieiit d'Alfred de Musset.

Les gens que vous tuez se portent assez bien,

3. Ce dîner chez M. de Salvandy, ministre de l'instruction publique, avait eu lieu le 14 janvier 1847. Voici les. noms des convives : Victor Ihigo, Sainte-Beuve-, Dupin aîné, Charles de Rémusat, les chimistes Gay-Lussac et Dumas, Leverrier, le marquis de Normanby, ambassadeur d'Angleterre, le duc de Caraman, les généraux Fabvier et Rapatel, Alfred de Musset, Ponsard. Michel Chevalier, Vitet, Victor LeClerc, Scribe, Kmmaniiel Dupaty, Montalembert, Philippe de Ségur, Mignet, Auber, Halévy, Pradier, Ingres, Alfred de Vigny. Tempi passati!

Horace < : que le poète ne vienne jamais sans sa muse du cœur et sans l'âme du foyer.

A vous, S'«-B.

LE BUSTE DE l842 2.

David d'Ane^ers, avec sa générosité habituelle, avait fait hommage à la ville de Besançon, patrie du poète, de son buste de Victor Hug-o, qui fut placé dans la bibliothèque de la ville. M. Courcelle, représentant de la Haute-Saône à l'Assemblée nationale de 1871, a bien voulu me communiquer à ce sujet les détails qui suivent et dont je me reprocherais de priver le lecteur.

Au mois de septembre 1870, lorsque les portes de Paris se fermèrent devant les Prussiens, ce fut un souci pour beaucoup de savoir comment tant de pauvres g'ens, à qui le travail allait manquer, et en particulier cette population suburbaine qui avait dû se replier tout entière en dedans des remparts, allait faire pour vivre. Des comités de secours se formèrent aussitôt en grand nombre^ et, parmi eux, des comités alsaciens, bretons, provençaux, lorrains, etc., etc., créés par les Parisiens riches ou aisés que leur naissance rattachait à telle ou telle province, pour venir en aide à leurs compatriotes. La Société qui se proposait de secourir les Francs- Comtois sans ressources fut une des premières constituées ; elle avait pour trésorierM. S. Courcelle, ancien banquier à Vesoul. Elle dut se préoccuper tout d abord de trouver des adhérents, et, à cet eflet, les membres déjà inscrits

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