‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 152 sur 159 · Cartons de Victor Pavie · texte numérisé non relu

Cartons de Victor Pavie

î'48 VICTOR HUGO APRÈS 1830

On vient de voir comment la fille de Charles Nodier, après Victor Pavie et en accord de sentiment avec lui, caractérisait les funérailles du poète. Sur ces obsèques de Victor Hug-o, sur cette journée du i^r juin i885, j'ai publié, il y a deux ou trois ans, dans un article sur Lamartine, quelques pag-es qui seront peut-être ici à leur place et que je demande au lecteur la permission de reproduire en finissant.

« Lamartine est mort à Passy le i^i" mars 18G9, pauvre, oublié, dans l'ombre et le silence, — heureux pourtant, car il avait à son chevet des amis véritables, une nièce, ou plutôt une fille, digne de porter son nom, Mme Valentine de Lamartine, un prêtre qui allait mériter bientôt les palmes du martyr, celui-là même qui avait reçu le dernier soupir de Chateaubriand, labbé Deg"uerry, curé de la Madeleine. Il mourait fidèle au Dieu de son berceau ; il pressait sur ses lèvres ce crucifix qu'il avait célébré dans ses Méditations, en vers impérissables :

Au nom de cette mort, que ma faiblesse obtienne De rendre sur ton sein ce douloureux soupir : Quand mon heure viendra, souviens-toi de la tienne. 0 toi qui sais mourir !

Je chercherai la place où sa bouche expirante Exhala sur tes pieds l'irrévocable adieu, Et son âme viendra guider mon âme errante Au sein du même Dieu.

Ah! puisse, puisse alors, sur ma funèbre couche. Triste et calme à la fois, comme un ange éploré, Une ligure en deuil recueillir sur ma bouche L'héritage sacré ' !

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