‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 43 sur 159 · Vby., dans les Châtiments, la fin de l'Expiation · texte numérisé non relu

Vby., dans les Châtiments, la fin de l'Expiation

Pareils ruï mots que vit resplendir Balthazar, Deux mots dans l'ombre éer ts llamboyaient sur César ; Bonaparte, tremblant comme un eufant sans mère. Leva sa face pâle et lut : Dix-huit Brumaire !

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supportés par deux licornes, avec cette devise : Rex el Lex. A partir de ce moment, il sig-na : comte de Cornet.

Etait-il parent de la mère de Victor Hug-o ? La chose est possible, puisqu'il était né à Nantes, le 19 avril 1760, et que M'^e Hug-o, Sophie-Françoise Trébuchet, naquit dans la même ville, le 19 juin 1772. Je dois dire cependant qu'aux Archives municipales de Nantes, sur aucun des actes de baptême, de mariag-e ou de décès des Cornet ou des Cosson, — nom de la mère de INIathieu- Aug-ustin Cornet, — il n'est fait mention des Trébuchet ou des le Normand, — nom de la mère de Sophie-Françoise Trébuchet. Ce silence ne permet g-uère de croire qu'il ait existé entre les deux familles des liens de parenté au deg-ré de cousins g-ermains. Je veux bien admettre cependant, contre toute vraisemblance, que ]\Ime Hug-o et le comte Cornet aient été parents, voire même cousins g-ermains. Cela n'avancera pas beaucoup, on va le voir, les affaires de V héritier de pairie.

L'article 3 de l'ordonnance du 19 août i8i5, qui avait rendu la pairie héréditaire, prévoyait le cas où « [aligne directe viendrait à manquer dans la famille d'un pair». Le 'roi se réservait alors d'autoriser la transmission du titre dans la lig-ne collatérale qu'il lui plaira de désigner.

Le 25 août 181 7, nouvelle ordonnance portant qu'à l'avenir nul ne pourra èti-c appelé à la Chambre des pairs, les ecclésiastiques (»xceptés,s'il n'a, préalablement à sa nomination, obtenu du roi l'autorisation de former un majorât, lequel ne pouvait être inférieur à 10.000 fr.

lie revenu net en immeubles. Les pairs nommés antérieurement au 20 août 1817, s'ils n'étaient pas soumis pour eux-mêmes ta celte oblig-ation, ne pouvaient rendre la (lig-nité de pair héréditaire dans leur famille qu'à la condition d'instituer un majorât au profit du bénéficiaire. Il aurait donc fallu que le comte Cornet commençât par former au profit de Victor Hug-o un majorât de 10.000 francs de revenu net. A-t-il jamais eu cette intention ? C'est ce que l'on n'a pas osé dire. Eût-il été prêt à payer d'un si haut prix l'honneur de servir de parrain au jeune Victor-INIarie Hug"o, restait à obtenir l'autorisation du roi, laquelle ne s'accordait que très rarement et à titre tout à fait exceptionnel. De i8i5à i83o, il n'y a eu transmission de pairie que dans les cas suivants :

12 septembre 181 7, transmission du titre et de la pairie de l'abbé de Montesquiou au vicomte de Montesquiou-Fézensac, son neveu.

i5 mai 18 18, transmission des titres et de la pairie du duc de Choiseul au marquis de MarmieV, son gendre.

21 décembre 1820, transmission de la pairie du duc de Duras au duc de Rauzan, son gendre; — de celle du maréchal Moncey, duc de Coneg'liano, àM. Duchesne de Gillevoisin, baron de Coneg-liano, son gendre ; — de celle du duc de Durfort à M. Etienne de Béarn, son pefit-fi/s, issu de sa fille; — de celle du marquis d'Aligre à M. Pomereu d'Alig-re, son petit-fils, issu de sa fille.

En tout, six transmissions de pairie en quinze ans, et toutes, sauf le cas particulier de l'abbé de Montesquiou, en faveur d'un gendre ou d'un petit-fih. Le comte Cornet n'avait-il donc, à défaut de fils, ni fille ni g-endre ? Était-ce un vieux célibataire, plus malheureux encore que M. Dubriag-e, et n'ayant pas môme un neveu à qui

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laisser son héritag'e?Point du tout; il t'tait marie et père de famille. Il avait un gendre, et dès lors le roi luimême n'aurait pas pu, en eût-il eu la volonté, user, au profit d'un parent au cinquième ou sixième degré, de l'article 3 de l'ordonnance du 19 août i8i5, cet article ne permettant au roi d'autoriser la transmission à un collatéral qu'autant que la ligne directe manquerait dans la famille du pair; qu'autant que ce dernier n'aurait ni fils, ni gendre, ni petit-fils.

Un dernier mot. Le comte de Cornet était si éloig-né de vouloir transmettre sa pairie au jeune Victor Hug-o,

— ce C{ue ni lui ni le roi n'auraient pu faire, nous venons de l'établir, — que son désir le plus vif, son rêve le plus chèrement caressé, était de voir son geindre lui succéder dans tous ses titres. Et de cela j'ai pour g-arant un témoin irrécusable, le Moniteur lui-même. Dans la séance de la Chambre des pairs du 12 décembre 1882 > un des collèg-ues de 'Cornet, le comte Lemercier, prononça son éloGfe, où je relève ce passage :

Entièrement dévoué à la monarchie constitutionnelle de Juillet, il lui a fallu faire le sacrifice patrioti(iue de la pairie qu'il avait eu l'espoir de transmettre à un gendre esfi/n/d>te. issu d'une famille parlementaire. Cet acte de dévouement lui parut commandé par la nécessité du moment'...

Et maintenant, de Victor Ilug'o, entrant à vinqt cl un ans, à la Chambre des pairs, comme Georgres-Cilordon Byron était entré, à'ving-t et un ans, à la (Chambre des lords ; — de ses stations de cinq heures dans le coin ré- .servé, derrière la « g-rossc corde dorée », sous le feu des reg"ards des belles dames qui garnissaient les tribunes^

— en un temps où les séances de la Chambre des pairs

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