‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 52 sur 159 · Le Rhin, t. II, p · texte numérisé non relu

Le Rhin, t. II, p

2. Victor Pavie, sa jeunesse, ses relations littéraires, p. 267,

En cette même année i846, le e;-ouvernement présenta deux projets de loi, relatifs, le premier, à des travaux à exécuter dans différents ports de commerce ; le second, au rachat du havre de Courseulle. Le marquis de Boissy, dans la séance du 27 juin, demanda que la discussion du premier de ces projets fût remise après le vote du budget des recettes. Il ne saisissait donc, ce jour-là, que d'une question d'ordre du jour. Victor Hugo n'en monta pas moins à la tribune pour prononcer le discours qu'il avait préparé sur « la consolidation et la défense du littoral ». Le chancelier ne tarda pas à lui faire remarquer qu'il était en dehors de la question, l'invitant « à conclure d'une manière qui, tout en étant d'accord avec ses idées, permit à la Chambre d'avancer sa besogne ». M. Pasquier en parlait bien à son aise. Victor Hugo, qui avait appris par cœur sa harangue, ne pouvait que la continuer telle qu'il l'avait faite. Force fut donc au chancelier de l'arrêter de nouveau. « Ce qui est utile, ce qu'il faut chercher, dit-il, c'est que les délibérations de la Chambre aient un résultat, et les paroles de M. le vicomte Victor Hugo ont un résultat contraire; il a appelé l'attention de la Chambre et l'attention de M. le ministre sur un point très délicat, la défense et la conservation de nos côtes et de nos ports; mais de plus grands développements ne peuvent rien ajouter; il faudrait faire deux volumes, trois volumes, pour compléter cet apei'çu ^. » Le poète fut obligé de descendre de la tribune. Il y remonta le i"^"" juillet et put, cette fois, aller jusqu'au bout de son discours.

En le reproduisant dans ses Œuvres oratoires, Victor Hugo a supprimé l'incident du 27 juin et les paroles du duc Pasquier. En revanche, il a suppléé au silence du Moniteur, trop sobre à son endroit de formules admira-

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