‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 55 sur 159 · Moniteur du 20 mars · texte numérisé non relu

Moniteur du 20 mars

a besoin de vous ! S'il était jacobin lorsqu'il dînait au Luxenibourg" chez le duc Decazes avec lord Palmerston et lord Landsdowne*, lorsqu'il assistait aux réceptions de M. Guizot 2, et qu'on le voyait aux Tuileries avec son habit de pair de France portant la plaque de Charles III et le ruban des oi'dres delà Lég-ion d'honneur, de l'Étoile polaire de Suède, de Saint-Michel et de Léopold ^, — il faut avouer qu'il cachait bien son jeu !

En présence de ces faits, d'autres non moins sig-nificatifs, que je rappellerai bientôt et qui nous montreront Victor Hug-o, en 1847 et en 1848, continuant à servir, à g-lorifier la monarchie, que devient l'affirmation du poète dans ses Contemplations ? Que vaut cette date de 1846 inscrite par trois fois sur une pièce devers républicaine? Cette date est fausse: fausse ég-alemont la date de 1827, mise en tète d'une pièce insérée par Victor Hugo dans ses Chansons des mes et des bois et où sont insultés, delà façon la plus g"rossière, la royauté et le roi Charles X^.

Antidater ainsi ses vers, non par hasard ou nég-lig-ence, mais par calcul, pour faire croire à l'existence d'opinions imaginaires, ce n'est pas un cas pendable, je le veux bien ; cela constitue pourtant un faux en écriture... poétique, que l'on peut se permettre, paraît-il, quand on est le MAITRE , mais que ne se permettra jamais un g-alant homme.

i. 12 juin 1846. — Choses vues, p. 109.

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