‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 54 sur 159 · Les Contemplations, t. II, p · texte numérisé non relu

Les Contemplations, t. II, p

Il éreinte ainsi la royauté pendant quatre cent seize -vers, pas un de moins; et, cela fait, se retournant vers ses adversaires : « Oui, leur dit-il, c'est vrai, j'étais royaliste quand j'étais petit ; mais je ne l'étais plus apparemment quand j'ai écrit ces vers, j'étais républicain. Or, ces vers sont antérieurs à i848. Ils ont été composés en i84G. Rien n'est plus certain, puisqu'il y a en tète, en grosses lettres : ECPdT EJS 18^6. Il y a à la fin ceci : Paris, juin i846. Il y a au milieu cette note : On n'a rien cJiangé à ces vers écrits en 1846 '. »

Eh bien ! non, ces vers n'ont pas été écrits en 1846, par cette excellente raison qu'en i846 Victor Hugo était encore royaliste.

Dans son discours du 19 mars i84G sur la question polonaise, il proclame les bienfaits de la monarchie et fait profession d'admirer le roi :

Certes, je pourrais presque me dispenser de le dire, je ne suis pas de ceux qui appellent les conflits des puissances et

les conflagrations populaires C'est un magnifique spectacle

depuis trente ans que cette immense paix européenne Je

suis heureux de la part que mon pays prend à cette paix féconde; Je sais heureux de sa situation libre et prospère sous le roi illustre qu'il s'est donné...

L'unité d'un peuple s'incarne de deux façons dans les dynasties et dans les nationalités. C'est de cette manière, sous cette double l'orme, que s'accomplit le difficile labeur de la civilisation; c'est de cette manière (juc se produisent les ro/'.v illustres et les peuples puissants. Aussi, c'est une c/tose fatale r/uand les peuples brisent les dijnasties^.

Si Victor Hug-o était républicain lorsqu'il célébrait en ces termes la monarchie de Juillet et le roi illustre, le sage couronné, auquel il avait dit un jour : Sire, Dieu

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