Victor Hugo, Choses vues, pp. i
En même temps ([u"il fii-quentait' chez les princes d'Orléans, Victor Hug-o entretenait les meilleures relalations avec les Bonaparte, ce qui d'ailleurs, il le savait bien, n'était point vu de mauvais œil aux Tuileries. «Victor Hug-o, dit M. Granier de Cassag-nac dans ses Souvenirs, s'honorait de relations entretenues avec le roi Joseph, vivant aux États-Unis sous le nom de comte de Survilliers. Sa maison de la place Royale était, sinon un point de ralliement, du moins un lieu de rencontre pour les anciens impérialistes. J'y ai vu le prince Joachim Murât, fils du roi de Naplcs, et j'y ai connu M^e Hamelin, amie de l'impératrice Joséphine et de la reine Hortense*. »
Le i4 juin 1847, on discutait au Luxembourg" une pétition du prince Jérôme Bonaparte, ex-roi deWestphalie, qui sollicitait l'appui de la Chambre des pairs pour obtenir de voir rapporter, en ce qui le touchait, lui et son fils, la loi de bannissement. Victor Hugo appuya la pétition. Il redit à la tribune ce qu'il avait dit tant de fois dans ses vers, son admiration pour César, son culte pour l'empereur :
In medio mi/ti Cxsar erit templumqtie lenehit.
« Quant à moi, s'écriait-il, je suis, par moment, tenté de dire à la Chambre, à la presse, à la France entière : « Tenez, parlons un peu de l'empereur, cela nous fera du bien 2. » Il a du reste bien soin de faire l'éloge duro^ Louis-Philippe, qu'il appelle « le plus éminent des rois de l'Europe ». Il ne nég-lig-e pas non plus de célébrer la Chambre des pairs, qui est pour lui « cette sage et illustre assemblée ».