Horace, Ars poetica
LES MISERABLES. — LE PAPE llo
ilu vœu national. Victor Hiig-o se précipite sur la place de la Bastille, voisine de sa demeure, et là, en présence <rune foule énorme, ouvriers et g-ardes nationaux, il proclame la royauté du comte de Paris et la rég-ence de la duchesse d'Orléans '. Il est à ce moment deux heures après midi. Il ne se doute pas, hélas! qu'à ce même moment, au Palais-Bourbon, un autre grand poète, Lamartine, fait voter, non par les députés chassés de leurs bancs , mais par les émeutiers qui ont envahi la salle, l'établissement d'un gouvernement provisoire charg"é de consulter lepa^'s.
Une heure, une minute, devant l'abdication de Louis- Philippe et la rég'ence de la duchesse d'Orléans, dans la ville soulevée, sur cette place pleine de peuple, au pied de cette colonne du haut de laquelle le Génie de la liberté semble étendre sur lui ses mains pleines de couronnes, Victor Hug-o a pu croire, il a cru qu'il touchait à l'accomplissement de son rêve, qu'il tenait enfin ce portefeuille de ministre si passionnément désiré, entrevu uu instant, — évanoui pour jamais :
Eteint, évanoui, dissipé dans les airs!
Apparu, disparu, — comme uu de ces éclairs ^ !
i. Moniteur du 2i mai 1830.