‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 84 sur 159 · Lettre du 30 mai · texte numérisé non relu

Lettre du 30 mai

d3G VICTOR IIL'GO APRES 1830

vrai républicain, celui-là, pur, sincère, désintéressé, qui abandonnait, chaque mois, aux salles d'asile et aux bureaux de bienfaisance, son indemnité de représentant, — David écrivait à Victor Pavie, au mois d'août 1848 : « La conduite politique de Victor Hug-o m'afflig-e beaucoup. Comment le g-énie peut-il s'amoindrir ainsi, et le cœur ne pas battre pour la patrie, réveillée par quelque chose d'aussi grand que ce qui se passe sous nos yeux * ? »

Il suffit de feuilleter f Evénement pour voir à quel point le . poète haïssait la république et les républicains ; non seulement les républicains rouges , les montag-nards , les socialistes, mais encore les républicains modérés, ceux du Xationnl surtout, qui s'étaient permis, sous le règ'ue de Louis-Philippe, de médire de ses drames et de le comparer à Claudieri'. « Le National, écrivait VEvénement, a toujours aboyé sur le passage et incelant des chefs-d'œuvre'^. » C'était là un crime impardonnable; on le lui fit bien voir. Sous ce titre : le Xational s'amuse, le journal de Victor Hug"0 commença, dès le i4 août, une série d'articles, où la rancune littéraire attisait la haine politique. Ils avaient pour auteur Charles Hugo^ qui, déjà, avant

1. Carions de Victor Pavie : correspondance do David d'Angers,

2. « 'Son, vous n'êtes ni Homère, ni Eschyle, ni Siiaivespeare, ni Corneille, ni Molière. Voulez-vous, ù poète, que je vous dise ce que vous êtes'? un poète de ilécadencc. Vous en avez le faux sublime et la fausse naïveté : Vous êtes Claudien. Comme Claudien, vous prenez les ^M'ands mots pour les grandes choses. » [Le National du 13 mars ISV.i, article d'Hippolyte Rolle.)

Page 1