CHAPITRE VIII
La Conslitution de 1S48. — Le Troisième retour de l'Empereur.
— Le Soleil du Di.r Décembre. — Un diner chez M. de Falloux-
— Victor Hugo et l'Amnistie. — Le Comité électoral de la rue de Poitiers. — L'élection du 13 mai 1849.
Le rapport sur le projet île constitutiou avait été déposé par Armand Marrast dans la séance du 3o août. La discussion s'ouvrit le 5 septembre.
Larticle 5 du préambule abolissait la peine de mort en matière politique. Les représentants Coquerel, Kceniget Buvignier proposèrent de le rédig-er ainsi : La peine de mort est abolie. Défendu par MM. Coquerel, Laboulie, Victor de Tracy, Victor Lefranc et Victor Hug-o, cet amendement fut écarté par ^98 voix contre 216 *.
Un débat important s'éleva sur l'article 20, relatif à l'org-anisation des pouvoirs : y aurait-il deux assemblées? n y en aurait-il qu'une seule, comme le voulait le projet ? La cause des deux Chambres fut plaidée par MM. Odilon Barrot, Duverg-ier de Hauranne et Rouher. MM. Anthony Thouret et Lamartine soutinrent la cause de la Chambre unique. L'amendement de M. Duverg-ier de Hauranne qui rétablis.sait les deux Chambres ne réunit que 289 voix. 53o représentants se prononcèrent
1. Le discours de Victor Hugo fut prononcé dans la séance du \o septembre 1848.
contre. Victor Hug'o vota pour ranieiidcnient avec toute la droite ^.
Restait une question non moins grave. Par qui serait élu le président de la République? par le suffrag-e universel ou par l'Assemblée ? Trois systèmes étaient en présence. Le premier, rejetant le principe même de la Présidence, n'admettait qu'un président du conseil des ministres, nommé par l'Assemblée et révocable par elle ; c'était le système qui fonctionnait depuis le 28 juin M. Grévy proposait de le consacrer en l'insérant dans la Constitution. Victor Hug-o vota, avec la majorité, contre l'amendement Grévy, qui eut pour lui les membres de la Montagne et les démocrates purs au nombre de i58 2.
Les républicains modérés demandaient que le président fût élu par l'Assemblée, mais irrévocablement et pour un temps fixe. Le National préconisait cette combinaison, qui devait assurer l'élection du g-énéral Cavaig-nac et garantir, au moins pour un temps, la consolidation de la République. Malgré les efforts de MM. Lejjlond, Flocon et Martin (de Strasbourg-), l'Assemblée repous.sa ce second système par 610 voix contre 211 3. Victor Hugo n'avait eu g-arde de s'y rallier, étant au premier rang' de ceux qui combattaient le général Cavaignac.
Le 9 octobre, l'Assemblée décida, par G27 voix contre i3o, que le président serait nommé par le suffrag-e de tous les électeurs. Ce vote était dû surfout à un mag-nifique discours de Lamartine. L'ancien membre du Gouvernement provisoire espérait-il que le suffrag'-e