Lettres de Victor Hugo aux Bertin, p. Ô
3. L'article de Jules Janin sur les Voix intérieures narut A»n» le Journal des Débals du 31 juillet 1837. ^ ^
plus admirable recueil lyrique de Victor Hugo. Elles renferment plusieurs poèmes d'un souffle puissant, d'une beauté rareiSunt lacrymœ rerum, A VArc-de-Triomphe, A OlympiOy Dieu est toujours /à. D'autres pièces, plus humbles, ont une grâce et un charme exquis. Le poète, le père, a trouvé, pour chanter ses enfants, des inspirations plus heureuses encore que celles des Feuilles d'Automne ou des Chants du crépuscule:
Regardez : les enfants se sont assis en rond*. .. Dans ce jardin antique où les grandes allées*... Ne vous eflrayez pas, douce mère inquiète 3. . .
Et enfin la pièce A des oiseaux envolés <. Ne suffit-il pas de rappeler ce titre pour qu'aussitôt s'éveillent dans notre mémoire ces doux vers, ces vers ailés, qui g-lissent dans l'azur et gazouillent au-dessus de nos têtes comme des oiseaux du ciel?
A côté de ces grandes toiles ou de ces fraîches peintures, d'autres morceaux, d'une perfection achevée, rappellent ces bas-reliefs antiques sculptés sur un vase de marbre aux contours harmonieux : tels, par exemple, les vers A Virgile, la pièce intitulée la Vache, les stances : la Tombe dit à la rose.,.
Les Voix intérieures ne seraient pas seulement le chef-d'œuvre de Victor Hugo, elles seraient peut-être le chef-d œuvre de la poésie au dix-neuvième siècle, si deux choses ne manquaient ici au poète , sans lesquelles la pensée, le sentiment et l'imagination n'ont pas tout leur prix : il lui manque d'avoir cru et d'avoir aimé. Il dit quelque part :
Tout conjugue le verbe aimer : voici les roses.