Journal des Débats, 16 novembre
tîclc fit scandale, si bien que son auteur fut obligé d'écrire, le 19 novembre, au rédacteur du Courrier français :
Vous prenez texte de mon article pour attribuer à ce que vous appelez le Château Topinion que j*ai exprimée... J'habite, il est vrai, le château, mais je n'ai pas charge de le représenter... Mon opinion m'appartient, elle n'engage personne 1.
Au milieu de tout ce bruit, que devient Victor Hugo ? Il était du coup passé au second plan et faisait presque fig-ure de candidat ministériel. La censure administrative, oubliant les injures dont il Tavait accablée, le prenait sous sa protection. Un journal voulut publier un dessin, le moins politique et le plus inoffensifdu monde: l'Académie sous les traits d'une bonne vieille, recevant à la porte du palais Mazarin MM. Victor Hugo, Balzac et Alexandre Dumas, avec cette légende: Vous êtes grands et forts, et vous demandez les Invalides! Vous voulez donc voler le pain des pauvres vieillards /. . . Allez travailler, grands feignants. On était au 28 novembre ; le jour de l'élection approchait. Défense fut faite au journal de publier cette caricature^.
Tout en profitant des bons offices de l'administration, Victor Hugo comptait surtout sur lui-même et ne négligeait rien pour réussir. Sainte-Beuve écrivait à Victor Pavie, le i5 décembre 1889 : « Pour répondre maintenant aux questions plus générales, je ne sais rien de Hugo que sa tentative à l'Académie : cela a dû l'occuper comme tout ce qui l'occupe, c'est-à-dire tout entier^. »
L'élection eut lieu le jeudi 19 décembre. Six académi-