Victor Hugo raconté^ t. II, p
5. Voy., sur' ses deux premières candidatures, chanitres VIII
et IX. ^ f
^. Le Livre des orateurs 3 par Timon (M. de Cormenin), t. II, J
p. 2ot.
Collard disait avec Tautorité de sa parole : ce J'ai entendu Mirabeau dans sa gloire ; j'ai entendu M. d^ Serre et M. Laine : aucun n'égalait M. Berrycr dans les qualitéj principales qui font Torateur * ; » — où l'un de ses adversaires politiques, le publiciste Henri Fonfrède, écrivait à un ami, dans une lettre particulière : ce Berrver est le plus grand orateur qu'on ait jamais entendu 2. » Il n'était pas seulement le prince des orateurs, il était aussi le chef d'un grand parti. Sa candidature était dès lors une grosse affaire. Elle passionnait la cour et la ville, la presse et les salons, le Palais-Bourbon et de Luxembourg ^. Le gouvernement s'en émut ; ses journaux se jetèrent dans la lutte avec ardeur, et à leur tAte le Journal des Débats, où M. Guvillier-Fleury publia des articles violemment hostiles. Il était certes permis à ceux dont Berryer était l'adversaire de ne point l'aimer, de dire, par exemple, comme M. D udan, au sortir d'une séance où l'orateur léjûj-itimiste avait été mag^nifiquc : « Je n'aime point que l'on ait du talent quand on n'est pis de ma paroisse. » M. Guvillier-Fleury allait beaucoup plus loin. Il n'accordait pas que Berryer eût du talent; tout au plus avait-il «des poumons redoutables ». Berryer, un orateur! Allons donc t un avocat et pas davantage, l'avocat des intérêts du prince de Polignac et de la petite cour de Goritzl « De grâce, disait-il, que l'Académie ne devienne pas une succursale de la Basoche, une doublure de la société des Bonnes-Etudes * î » L'ar-
d. Paroles de Royer-CoUard à un de ses neveux, M. Genty de CuRsy. Berryer au barreau et à la tribune, par Alfred Netle- 111 ent, p. 47.