‹ Victor Hugo après 1830Chapitre 132 sur 151 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

LES RAYONS ET LES OMBRES. RÉCEPTION A l'aCADDQI

Les Rayons et les Ombres. — Nisard, Balzac. Vinet, Hennequb. — Le Retour de l'Empereur. Le marquis de Belloy e.à Retour du roi d'Yvelot. — V Epopée napoléonienne. — L'/Zy» ne à la colonne de Boulogne. — Election à rAcadémie. Séacce do r<*ception. Modes de 1841. Pairie et ministère. Chaiis Magûin. -- M. de Salvandy.

Victor Hug-o tira de TAcadémie et de M. Flourensnne vengeance, qui, certes, n'avait rien de vulgaire : le 5 ma i84o, il publia les Rayons et les Ombres.

Ce recueil lyrique était digne de ses aînés. JeneL» mettrais pas cependant aussi haut que les Voiœ intérieures. Il s'ouvre par une pièce sur la Fonction éi poète, conducteur des rois et des peuples, seul initiatecr du vrai, le seul qui possède la clef des problèmes métaphysiques et sociaux ; il se termine par une autre piàe intitulée Sagesse, où Fauteur donne la solution de ca problèmes. Or cette solution, la voici: Les choses d'ici* Das ont un triple aspect. Trois grandes voix en sorted et nous parlent Tune après Tautre. La première proclam la souveraineté de Dieu sur son œuvre, la puissance di Dieu créateur, la bonté du Dieu de TÉvang-ile. h seconde nous enseigne le déisme philosophique, nous prêche la religion naturelle, réduite à un dog*me unique: la tolérance. La troisième affirme que V unique Dieu, Il

vrai Dieu, c'est Pan, « qui n'a pas besoin qu'on le prie et qu'on Taime », c'est la Nature (ïoii tout vient, ou tout T*etombe. De ces voix, laquelle est la vraie? laquelle nous faudra-t-il écouter? Et le poète, prenant en pitié nos ang*oisses, avec un ton d'oracle, avec un sérieux d'augure répond : toutes les trois !

Heureusement, dans les Rayons et les Ombres^ il n'y a pas que le penseur et le philosophe, il y a aussi le poète, et celui-là est souvent admirable. Bien des pièces, sans visées profondes, sans prétention dogmatique, — Rencontre, Oceano Nox, Dans le cimetière de,.., Spectacle rassurant, Fiat voluntas, l'Ombre, Mères, l'Enfant qui Joue..., — sont de purs chefs-d'œuvre. J'aime moins les pièces, plus célèbres pourtant, où l'auteur a multiplié les strophes, prodigué les couleurs et les images, les Vers à la duchesse d'A, ^, la Tristesse d'Olympio, \q Regard jeté dans une mansarde. Elles renferment sans doute des beautés de premier ordre ; mais que de mots perdus et de vers de remplissage! Déjà, dès les Feuilles d* automne , Nisard faisait remarquer « qu'il y avait un défaut remarquable dans tous les ouvrages du jeune poète, c'était le trop ^ ». Ce défaut était allé s'accentuant de plus en plus. Balzac, qui fut à l'occasion un critique excellent, rendant compte des Rayons et des Ombrés dans le premier numéro de sa. Revue parisienjie, après avoir dit que « M. Hugo était bien certainement le plus grand poète du dix-neuvième siècle », ajoutait:

L'admiration ne me ferme pas les yeux. Il y a chez M. Hugo une forme absolue, dominatrice, une sorte de monotonie dans la conception que je voudrais voir disparaître : Vénumérafion n'est pas chez lui une simple figure de rhétorique^ elle est

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