Victor Hugo, Actes et Paroles, t. le, Avant l'exil^ p
2. Correspondance de H. de Balzac, t, II, p. 49. — Balzac, en 1841, ne demeurait point rue des Martyrsjkl, Cette adresse était celle de sa sœur, M«« L. Surville.
ecourir à la force armée pour repousser les assaillants, es dames surtout qui avaient juré d'entrer coûte que
oûte*.
Aussi bien, puisque nous sommes admis à pénétrer lans la salle et que la séance ne commencera qu'à deux leures, profitons-en pour jeter un coup d'œil sur les privilégiés qui garnissent les bancs, et au besoin pour renjelgner nos lectrices sur les toilettes des élégantes de
j^me Emile de Girardin a un chapeau de paille de riz à
bouquets de géranium girofle, une robe d'organdi à mille raies et sur les épaules « une écharpe du pays d'Oscar et de Malvina ». Une autre femme poète, M^^ Anaïs Ség-alas, l'auteur des Oiseaux de passage, porte un chapeau de crêpe blanc tendre sur lequel badine une voilette d'Angleterre, retenue de chaque côté par une touffe de roses. Déjà couronnée par l'Académie, pour ses vers sur le Musée de Versailles, M^« Louise Colet, née Révoil,ne pouvait faire défaut à cette séance ; elle est au premier rang, avec un chapeau de paille orné de velours vert ombré et ce vert va merveilleusement avec ses cheveux blonds. Une robe de soie maïs dessine sa taille ; son corsage est juste et ses manches étroites ; une écharpe de dentelle noire est jetée sur ses épaules. Cette capote de gros de Naples blanc froncé, et garnie autour de la passe d'une double chicorée de soie effilée très touffue, cache les dixsept ans de M"® Doze. Avec cette coiffure, l'élève de jVjiie Mars porte une robe de tarlatane, fond gros bleu, à nuages blancs, faite avec de grands plis; une écharpe de mousseline blanche tranche sur le bleu du corsage. A côté delà toute jeune M"® Doze, la comtesse Merlin, qui brilla
i. Courrier de Paris, ^ar M»» Emile de Girardin (la Presse du b juin 1841).
jadis à la cour du roi Joseph, en Espagne, et qui a déjà public ses Souvenirs *, est toute en rose : petite capob rose, dégageant bien le front; robe de barèg-e rose, doul le corsage est à coulisses ; écharpe rose enrichie de dotollos. Toutes ces raseurs lui vont, du reste, à merveille, malgré
Ses dix lustres complets surchargés de trois ans.
Une contemporaine de la comtesse Merlin, M"»» A. Dupin, directrice du Journal des Femmes, a prisk nuance feuille morte, qu'aimait tant M""® Cottin, l'asteur de Claire d'Albe, Devant elle est M"»® Thiers, avec une capote de crêpe rose froncé, ornée de fleurs du Pér« en dessus et en dessous de la passe 2...
L'heure approche et la séance va commencer. Les soldats se rangent sur deux lignes, et ces mots retentissenl dans la foule :1e prince et les princesses ! Et M. le dac« M""® la duchesse d'Orléans, — celle-ci avec un petit chapeau blanc, garni au-dedans de roses pâles ^, — M°>« k duchesse de Nemours, M°»e la princesse Clémentine, traversent la salle pour se rendre dans la tribune réservée Et chacun de se dire tout bas : c'est la première foi depuis dix ans qu'un prince du sang vient à l'Académie *.
1. MERLIN (Mercedes JANUGO, comtesse), née en 1788 àk Havane, a publié Mémoire,^ et souvenirs (1836); les Loisù^s duu femme du monde (1838); la Havane, lettres et voyages (1844),elt